Portrait de Paul Guillaume

Portrait de Paul Guillaume

André Derain rencontra le jeune marchand d’art Paul Guillaume par l’intermédiaire du poète Max Jacob (1876-1944) sur les conseils d’un autre poète et critique d’art, Guillaume Apollinaire (1880-1918).  Dès 1916, Paul Guillaume consacra à Derain une exposition personnelle dans sa galerie de la rue de Miromesnil. Il  fit appel à cinq poètes  pour rédiger les textes du catalogue : Apollinaire lui-même, Blaise Cendrars (1887-1961), Max Jacob bien sûr, Pierre Reverdy (1889-1960) et Fernand Divoire (1883-1951).
Paul Guillaume fut portraituré par de nombreux peintres et appréciait sans doute que les artistes dont il était proche brossent son image. Il apparaît ici  de trois-quarts, très élégant, le regard détourné du spectateur, l’air impassible et détaché, peint dans des tons froids. Son buste se détache sur un fond bleu formé de touches horizontales. Son costume et son nœud papillon sont également bleus, comme ses yeux, c’était en effet sa couleur préférée. Seule note décontractée, Paul Guillaume tient une cigarette presqu’éteinte dans sa main gauche, tandis qu’il est accoudé sur un livre (livre d’art ou catalogue ?) ouvert. La ressemblance physique n’est cependant pas très accentuée, le modèle ayant les traits déformés.
Ce portrait fut publié dès 1920 dans un ouvrage du marchand Kahnweiler avec la date de 1919.

Provenance : Paul Guillaume en 1919 ; Domenica Walter