Qui a peur des femmes photographes ? 1839 à 1919

Exposition du 14 octobre 2015 au 25 janvier 2016

L’idée selon laquelle la photographie, outil physico-chimique de reproduction, aurait été une simple affaire de technique et donc "d’hommes", est tenace. Des femmes ont pourtant joué dans l’histoire de ce médium un rôle plus important que celui qui est reconnu à leurs consoeurs dans le domaine des beaux-arts traditionnels.
Pour la première fois en France, l’exposition Qui a peur des femmes photographes ? présentée au musée de l’Orangerie aborde les 80 premières années de ce phénomène, à travers ses manifestations aussi bien dans l’hexagone que dans la sphère anglo-saxonne.
 

 

 

 

 

 

 

 


Julia Margaret Cameron, Mrs Herbert Duckworth
12 avril 1867 © Paris, Bibliothèque nationale de France


Commissariat général
Ulrich Pohlmann, conservateur en chef de la collection de photographies du Stadtmuseum, Munich
Commissariat scientifique
Qui a peur des femmes photographes ? 1839 à 1919, musée de l'Orangerie
Thomas Galifot, conservateur au musée d’Orsay
Commissariat scientifique
Qui a peur des femmes photographes ? 1918 à 1945, musée d'Orsay
Marie Robert, conservateur au musée d'Orsay


Présentation de l'exposition par Thomas Galifot



Avec le généreux mécénat de Empreinte, Neuflize Vie et August & Debouzy






Avec la participation du Cercle des Femmes Mécènes et du Women's Forum

 

Afin de questionner l’incidence de l’identité sexuelle sur la production photographique, chefs d’oeuvre et images inédites sont ici considérés, non pas sous l’angle de l’existence d’une vision féminine, mais en termes de territoires et de stratégies : territoires des genres - physiques et symboliques ; stratégies de succès critique ou commercial, d’élargissement des périmètres du photographiable.
Pour les 75 femmes connues ou inconnues qui sont réunies dans l'exposition, le choix de la photographie aura en effet permis que les attentes et préjugés attachés à leur sexe ne soient pas uniquement vécus comme sources d’entraves. La part d’images aujourd’hui conservées révèle la façon dont leurs auteures ont bien souvent su dépasser leur condition, voire en tirer parti pour s’octroyer une liberté d’action et d’expression supplémentaire. Que ces photographes aient oeuvré isolément ou pour certaines, déjà, dans une démarche collective, il s’agit d’apprécier comment une pratique longtemps marquée au sceau du féminin a pu précisément se révéler comme une possible voie d’émancipation et de subversion.

Se faire sujet regardant. Normes et sociabilité

L’enracinement de la relation des femmes à la photographie se situe dans un destin commun de cantonnement aux marges de l’art. Régissant les sociétés du XIXe siècle, l’idéologie des sphères séparées réserve plus que jamais aux hommes le domaine du public, de la création et des choses de l’esprit, aux femmes celui du privé, de la reproduction et des choses du coeur. C’est dans ce contexte que la nouvelle invention est officiellement proclamée en 1839. À la croisée des arts, des sciences et de l’industrie, la photographie transcende les conventions. L’apprentissage technique qu’elle requiert, comme sa pratique, ne sont réglementés par aucune structure comparable à celles qui, depuis des siècles, restreignent l’accès aux carrières de peintres ou de sculpteurs en fonction du sexe, de l’âge et de la classe.
À partir des années 1840, des dizaines puis des centaines d’Européennes et d’Américaines aux origines sociales variées s’orientent ainsi vers un médium commun. Beaucoup saisissent à travers lui l’opportunité d’élever leur niveau de sociabilité, en s’insérant dans les espaces d’échanges que constituent les réseaux naissants de la photographie professionnelle et amateure. Aussi différents soient-ils quant à leurs finalités, ces usages ne se conçoivent certes pas encore hors d’une dimension collective et codificatrice, accommodée à la conception traditionnelle de la féminité. Mais qu’elles y aient vu principalement une source de revenus ou un moyen d’épanouissement créatif, toutes les praticiennes réunies ici ont du moins trouvé dans la photographie l’occasion d’exister indépendamment des obligations du foyer et de valoriser leur capacité individuelle d’observation et de jugement.

Amateures britanniques

Les îles britanniques ont été, au milieu du XIXe siècle, le berceau d’un phénomène incomparable d’amateurisme féminin. Faute de rencontrer le succès commercial espéré par son inventeur anglais W. H. Fox Talbot, la photographie sur papier séduit les cercles éclairés de la bonne société victorienne, qui apprécie ses qualités esthétiques rapprochées de celles du dessin et de l’estampe. La pratique du nouveau médium, jugée d’autant plus appropriée pour les dames que ce dernier suscite l’enthousiasme de la reine Victoria, vient alors s’ajouter à l’arsenal de loisirs féminins propices au plein air tels que l’aquarelle, l’astronomie ou la botanique. Entre ambition scientifique et décorative, le "dessin photogénique" de feuilles et de fleurs est d’ailleurs souvent le premier stade d’initiation à une technique complexe et exigeante.
Le travail à la chambre est nécessairement plus participatif, qu’il s’agisse de transporter le laboratoire dans la campagne environnante à la recherche du paysage ou de l’architecture pittoresque à photographier, ou de mettre en scène, dans la longueur des temps de pose, la vie quotidienne recréée à la lumière du plein jour.
Outil d’enregistrement et d’idéalisation d’un mode de vie, la technique renouvelle ainsi la tradition féminine de confection et d’embellissement d’albums, tout en confortant les praticiennes dans leur rôle de gardiennes de la mémoire familiale. Cette fonction est également à l’œuvre dans l’appropriation de portraits émanant du commerce qui, échangés, découpés puis combinés à un décor peint ou dessiné, se plient à tous les scénarios fictionnels. Mais l’art brut du photocollage, prétexte à la communication mondaine plus qu’à une réflexion identitaire, reste avant tout le moyen de se singulariser par l’humour, l’acuité voire l’irrévérence du regard que ses adeptes portent sur le microcosme au centre duquel elles se placent.

Professionnelles françaises

À Paris comme dans quelques autres grandes villes de France, d’Europe et d’Amérique, l’exercice professionnel de la photographie par des femmes est attesté dès les premières années de développement commercial de ce médium.
Très vite, le secteur se révèle certes accueillant vis-à-vis de celles dont la condition impose une activité laborieuse. Mais la main d’oeuvre féminine y est presque exclusivement cantonnée à des tâches subalternes et manuelles - travaux de laboratoire, tirage, retouche, montage, coloriage -, seules les épouses et filles de photographes pouvant espérer sortir de l’anonymat associé à leur fonction d’éternelle assistante.
Gagner l’accès au statut d’opérateur - c’est-à-dire à la fonction noble de la pratique photographique - nécessite alors d’avoir les fonds suffisants pour acquérir le matériel et établir un atelier à son nom. Mais aussi d’assumer un goût certain pour l’aventure, qui n’est pas réservée à celles qui optent pour l’itinérance. Le risque élevé de faillite oblige d’ailleurs les praticiennes, veuves et célibataires le plus souvent, à afficher une spécialisation dans le portrait de femmes et d’enfants, la reproduction d’œuvres d’art ou les applications décoratives de la photographie. Car il ne suffit pas de satisfaire les conventions esthétiques et techniques d’un marché hautement concurrentiel, il faut encore garantir respectabilité et neutralité des échanges exposés aux dangers de la différence des sexes. Même si la conception de la féminité reste relative selon les catégories sociales, la profession ne se pratique de fait décemment qu’à l’abri de l’espace public. Ce qui rend les rares photographies d’architecture et autres vues urbaines conservées d’autant plus exceptionnelles.

Les femmes dans les milieux photographiques

L’une des clés pour comprendre les disparités nationales quant à l’épanouissement de l’amateurisme au féminin réside dans la place que les milieux photographiques accordent aux potentielles praticiennes. Patronnée par le prince Albert, la Photographic Society annonce explicitement, dès sa fondation en 1853, que les "ladies" y sont bienvenues en qualité de membres. À sa suite, les nombreuses sociétés qui se créent à travers le pays encouragent les femmes à participer aux temps forts de la vie mondaine que sont les réunions, les excursions et les expositions. Lieux d’échanges d’informations techniques, de nouvelles mais aussi de photographies, ces structures sont propices à l’émulation et à l’éclosion de nombreux talents féminins.
Faisant face aux plus reconnus d’entre eux, sont ici présentées les premières femmes membres de la Société française de photographie. De manière symptomatique, la première et seule amateure, Mme Leghait, n’est pas française mais belge ; la troisième, Mme Laffon, n’y sera admise que 10 ans après la création de la société en 1854. Comme le trahissent les statuts de cette dernière, aussi mutiques sur la question féminine que ceux de l’éphémère Société héliographique fondée en 1851, la sociabilité photographique à la française se caractérisera longtemps par un masculino-centrisme totalement assumé. C’est ce qui explique en grande partie le voile qui recouvre, encore aujourd’hui, la production des amateures françaises du XIXe siècle.

Théâtre photographique et théâtre du genre

Investir l'intime et l'expérience féminine

Avant d’être le signe d’une prédilection, la prédominance de la figure féminine et enfantine dans la photographie des femmes est le reflet d’un long confinement au territoire domestique. Dans les limites de celui-ci, les praticiennes se découvrent un espace d’expression insoupçonné des hommes ou inaccessible à eux, prêt à être exploré à travers le portrait ou la fiction du tableau vivant. Dès le tournant des années 1850 et 1860, lorsque la prise de vue en intérieur devient techniquement plus aisée, certaines prennent ainsi leurs distances avec les usages familiaux et mondains de la pratique amateur. Une autre photographie est possible, qui tirera parti aussi bien de l’opportunité d’opérer à l’abri des regards que des potentialités photographiques de l’intimité vécue avec les modèles.
Célébrer un idéal de beauté ou les liens affectifs entre femmes, glorifier le sentiment maternel et à travers lui le rôle social des mères, retenir le charme de l’enfance : autant de mobiles souvent placés au coeur de la stratégie de reconnaissance des photographes artistes, conscientes de l’aura de véracité, du supplément d’émotion et de sensibilité que leur expérience confère, dans l’esprit du regardeur, à leurs représentations.
La féminité, construction culturelle et sociale, est toujours une performance, que le photographe soit homme ou femme, que l’image ressorte de l’œuvre destinée à un public ou de la variation clandestine. Mais les praticiennes auront, avec la complicité des modèles, trouvé dans la photographie un moyen de réfléchir le mythe, éventuellement le déconstruire. Le point de vue exprimé, par définition alternatif, est-il forcément différent de celui véhiculé par l’iconographie multiséculaire contrôlée par les hommes ? Figures fortes, pensantes, indépendantes…mais aussi corps désirants, sensuellement inaccessibles. Nombreuses sont les images de femmes et d’enfants qui, ressortant de cette dernière veine, interrogent aujourd’hui sur la marge de liberté paradoxale octroyée à leurs auteures, du simple fait de leur identité sexuelle, de leur statut de mère et du mythe de l’asexualité féminine.

Embrasser la différence des sexes

Transposés sur le terrain de la différence des sexes, les enjeux de l’art féminin de la figure se mesurent, plus que jamais, à l’aune d’un positionnement vis-à-vis du regard masculin. Qu’il soit client, ami ou époux, habillé ou quelquefois nu, le modèle photographié a été en présence d’une femme, elle-même investie du pouvoir de livrer, à travers lui, sa vision de la virilité. À une époque où la meilleure manière d’imposer son talent de portraitiste reste de célébrer les hommes - si possible illustres - qui s’arrêtent devant l’objectif, les représentations masculines  ne sont certes pas le premier lieu d’une remise en cause de l’ordre symbolique et social du patriarcat. Mais le questionnement des stéréotypes de genre est bien, parallèlement, à l’œuvre.
Le privé n’est pas exclusivement féminin. C’est aussi cela qui se dit dans l’éloge de la paternité, l’évocation des rapports intimes - amoureux mais aussi amicaux - entre les sexes, la représentation, quelquefois critique, de l’institution du mariage.
Le public n’est pas voué à rester exclusivement masculin. L’émancipation est en marche, et se fait sentir à la fin du XIXe siècle jusque dans une catégorie de représentations, souvent des autoportraits, que l’on ne saurait réduire aux jalons d’une réflexion identitaire sur la féminité : travesti(e)s et "nouvelles femmes" fumant, buvant ou faisant de la bicyclette, incarnent avant tout, et de manière faussement légère, la contestation grandissante des rôles sociaux traditionnels et des codes comportementaux ou vestimentaires.
Le climat se révèle d’ailleurs propice aux premières incursions féminines dans le genre du nu, alors impraticable par les artistes femmes dans les circuits officiels des beaux-arts. Louant les bienfaits du plein air sous couvert narratif ou allégorique, les photographes abolissent tout voyeurisme à travers l’exaltation du corps pour soi, souvent désexualisé par une approche formaliste ou spirituelle. Le coup d’envoi de la réappropriation par les femmes de l’image de leur corps est donné. Et l’art féminin de la figure est, déjà, éminemment politique.

S'engager en territoires virilsLa rue, l'ailleurs, la vie publique et politique

À la fin du XIXe siècle, une conjonction d’évolutions sociales et technologiques rend possible une forme inédite de positionnement féminin vis à vis de la photographie. L’émergence de l’idéologie progressiste de la "nouvelle femme" anglo-saxonne d’une part, la mobilité inespérément autorisée par la révolution de l’instantané d’autre part, encouragent notamment à concevoir la pratique elle-même du médium comme le moyen de subvertir les usages de l’espace public, et faire reculer peu à peu les frontières imposées par la différence des sexes.
C’est le temps des premières voyageuses photographes qui, par-delà la diversité des motivations archéologiques, ethnographiques, touristiques, etc, éprouvent en images la liberté de corps et d’esprit née de l’éloignement du milieu d’origine. C’est aussi celui de l’essor de la presse illustrée, parallèle d’une professionnalisation féminine accrue : praticiennes d’atelier et pionnières du documentaire et du photojournalisme sont de plus en plus nombreuses à prendre part, à travers leur activité, aux questions des minorités sociales ou ethniques, à celle du travail, de l’éducation et de la santé. Outil de dépassement des barrières psychologiques, sociales ou culturelles, l’appareil agit à l’occasion comme un laisser-passer, prétexte à la fréquentation de l’Autre sur son propre terrain. Plus souvent qu’on ne l’imagine aujourd’hui, c’est une rencontre photographique inaccessible aux praticiens hommes qui est ainsi légitimée.
Dans le même mouvement qui les aura vues entrer en photographie comme sur la voie d’une égalité à construire, des femmes conquièrent encore par l’image le champ des batailles militaires et politiques. C’est le temps de couvrir la lutte pour les droits civiques des femmes et les événements de la Grande Guerre. Celui où, dans les différentes formes de l’engagement solidaire, histoire de la photographie et histoire des femmes se rejoignent.

Photographie et suffragismes

"Deeds not words" ("des actes plutôt que des paroles") : l’activisme radical des suffragettes britanniques porte la question de la visibilité au cœur de la lutte pour le droit de vote des femmes. À partir de 1907, la photographie s’impose comme outil privilégié d’une rhétorique visuelle conçue pour contredire l’image d’extrémistes irréfléchies que véhicule alors presque unanimement la presse illustrée.
Sympathisantes ou personnellement engagées, les praticiennes professionnelles anglaises seront nombreuses à mettre leurs talents au service du mouvement, qu’il s’agisse de portraiturer ses leaders en dames respectables et posées qu’elles sont, ou d’immortaliser le spectacle pacifié des manifestations légales, parades historiques et expositions-ventes.
Destinées à la presse généraliste et suffragiste comme à la diffusion sous forme de cartes postales, ces photographies contribueront à la saturation de l’espace médiatique autant qu’au financement des organisations. Avant que ces dernières ne consentent à la trêve imposée par le déclenchement du premier conflit mondial, le médium aura permis aux femmes de prendre, pour la première fois de leur histoire, le contrôle de leur image publique et politique.

Représenter la guerre : le front et l'effort

Comme toutes celles qui l’avaient précédée, la guerre de 1914-1918 aurait pu simplement conforter les rôles traditionnels des sexes, les hommes mobilisés au combat, les femmes à l’arrière pour les nourrir, les habiller et les soigner. C’est d’ailleurs à une longue tradition de philanthropie féminine dans le domaine de la santé que l’on doit les premières photographies prises sur le front par des femmes. Dans la veine du reportage amateur né à la fin du XIXe siècle, plusieurs infirmières britanniques affiliées à la Croix-Rouge livreront ainsi une version non autorisée de la vie quotidienne des soldats, au plus près de la réalité des combats. Non moins pionnières mais davantage soumises aux lois de la censure, quelques rares professionnelles bénéficieront d’un statut officiel privilégié, que ce soit pour documenter la mobilisation des armées sur le sol anglais, ou pour réaliser sur le front des photoreportages destinés à la presse américaine.
Le comblement de ce dernier fossé entre les territoires masculins et féminins du photographiable est à l’image du bouleversement général des rapports de sexes entraîné par la Première Guerre mondiale. Des milliers de femmes, recrutées comme mécaniciennes, tourneuses d’obus ou cheffes de train, ont alors l’occasion de prouver sur la durée leur capacité à assumer leurs responsabilités dans les secteurs traditionnellement réservés aux hommes. La perception générale quant à la place leur revenant à l’issue de la guerre n’en est pas encore pour autant modifiée. D’où l’enjeu crucial, évalué à temps par les photographes anglo-saxonnes et leurs commanditaires, de mettre en pleine lumière et d’archiver le présent des travailleuses. La grande majorité d’entre elles regagnera certes l’ombre des foyers dès avant la cessation de l’état de guerre en 1919. Mais entre temps, pour l’opinion publique, c’est bien dans l’effort de guerre que des femmes - les Britanniques de plus de 30 ans- auront gagné le droit de vote.

Images et autres clichés sur la femme photographe

La photographe, lorsqu’elle n’est pas handicapée par son innocence en matière technique, l’est rapidement par sa coquetterie. Depuis Daguerre, ce cliché inspire la réflexion et la stratégie de communication des inventeurs et industriels, aussi désireux de réaliser l’idéal démocratique associé à la photographie... que de "vendre" la simplicité de leurs procédés ou de leurs appareils.
Il faut attendre l’ère de l’instantané et la commercialisation du premier Kodak en 1888 pour que soit inaugurée la popularisation véritable du médium. Influencés par le succès international de la "Kodak Girl" lancée par l’Américain George Eastman en 1893, de nombreux fabricants cibleront leurs campagnes publicitaires sur les femmes, traditionnelles garantes de la mémoire familiale et actrices fraîchement promues du consumérisme naissant.
Source inépuisable de caricatures, la féminisation alors massive de la pratique amateure sera souvent considérée comme la victoire du progrès technique sur la nature féminine. Comme le Français Louis Gastine en 1896, bien des hommes - et des femmes - se réjouiront ainsi de constater que la photographie,  "par l’excessive réduction du poids et du volume des instruments d’usage courant, par la facilité et l’élégance même de leur emploi, enfin par la précieuse simplification des opérations de laboratoire, (…) s’est mise à la portée des femmes les plus élégantes, les plus délicates... et les moins capables d’application".

Afin d'accompagner le visiteur dans sa découverte de l'exposition, des visites guidées sont programmées les mercredis et samedis à 16h du 24 octobre 2015 au 20 janvier 2016.

Portrait "à la manière de"
Adultes
Les 14, 28 novembre, 12 décembre, 9, 23 janvier 2016 à 15h

Portrait de famille
Famille - à partir de 5 ans
Les 28 octobre, 7, 21 novembre, 5, 19 décembre 2015, 16 janvier 2016 à 15h

Portrait décoré
8/11 ans
Les 18 novembre, 2, 16, 30 décembre 2015,13 janvier 2016 à 15h

Soirée jeunes, en partenariat avec l’École du Louvre
Vendredi 20 novembre de 18h30 à 21h30

Ces journées se composent de deux visites guidées sur une journée, pour une découverte de l'exposition dans sa globalité : à l'Orangerie dans la matinée et au musée d'Orsay l'après-midi, entrecoupé d'un atelier sur la photographie.
Deux journées au choix : jeudi 12 novembre ou vendredi 4 décembre
9h30-11h : visite au musée de l'Orangerie
11h15-12h30 : atelier à l'Orangerie
14h-15h30 : visite au musée d'Orsay
Réservation :  le 12 octobre de 9h à 12h au 01 53 63 04 63

Catalogue de l’exposition

Qui a peur des femmes photographes ? 1839-1945
Coédition Musée d’Orsay/Hazan, 2015

Les femmes photographes ont conquis leur légitimité dans une pratique artistique, alors dominée par les hommes, grâce à des stratégies d’émancipation et de subversion. Pourtant leur production n’a pas toujours été reconnue ; parfois inconsidérée, d’autres fois réduite à la question du genre. Cet ouvrage propose de retracer l’évolution des travaux des femmes photographes et leur participation aux bouleversements socio-culturels des XIXe et XXe siècles tout en interrogeant les raisons de leur faible visibilité dans l’histoire de l’art.

Collectif, sous la direction de :
Thomas Galifot, Conservateur photographie au musée d’Orsay
Ulrich Pohlmann, Directeur de la collection photographique du Münchner Stadtmuseum, Munich
Marie Robert, Conservateur photographie au musée d’Orsay

Helen Adkins, Historienne d’art indépendante, professeur à l’université des Arts, Braunschweig
Marion Beckers, Directrice et conservateur du Das Verborgene Museum à Berlin
Beverly Brannan , Conservateur en chef photographie, département des estampes et de la photographie, Bibliothèque du Congrès, Washington D.C.
Sandrine Chene, Historienne de la photographie
Guy Cogeval, Président des musées d’Orsay et de l’Orangerie
Patrizia Di Bello, Senior Lecturer et codirectrice du centre de recherche en histoire et théorie de la photographie, Université de Londres
Dominique de Font-Réaulx, Conservateur en chef au musée du Louvre, directrice du musée Delacroix, Paris
Daniel Girardin, Conservateur en chef, musée de l’Élysée, Lausanne
Elisabeth Moortgat, Historienne de l’art, membre du comité de direction du Das Verborgene Museum à Berlin
Abigail Solomon-Godeau, Critique et historienne d’art et photographie, professeur émérite de l’Université de Californie, Santa Barbara

Cartonné - 320 pages - 30 x 288 mm - 320 illustrations
ISBN : 978 2 75410 856 0
Prix : 45€


Album de l’exposition

Qui a peur des femmes photographes ? (1839-1945)
Coédition Musée d’Orsay/Hazan, 2015

S’appuyant sur des recherches nouvelles comme sur les nombreuses histoires de la photographie qui, depuis une quarantaine d’années, ont réévalué l’extraordinaire contribution des femmes au développement du medium, cette exposition est une des premières du "genre" en France. Le phénomène est en effet appréhendé à travers ses manifestations aussi bien en Europe - essentiellement en France, Grande-Bretagne et Allemagne - qu’aux États-Unis, de l’invention officielle de la photographie en 1839 jusqu’en 1945.
À travers une cinquantaine de reproductions, cet album propose de parcourir cette exposition.

Broché - 48 pages - 210 x 270 mm - 50 illustrations
ISBN : 978 2 75410 862 1
Prix : 8,50 €

 L'ensemble des visites, visites-ateliers et des événements culturels en lien avec l'exposition est à retrouver dans le dépliant-programme à télécharger.