Apollinaire, le regard du poète

L’exposition Apollinaire, le regard du poète s’attache à la période où Guillaume Apollinaire a été actif comme critique d’art, essentiellement entre 1902 et 1918. Cette large quinzaine d’années, qui peut sembler réduite dans ses bornes chronologiques, va cependant concentrer un foisonnement prodigieux d’écoles, de manifestes, de tentatives et de découvertes dans le domaine des arts. La personnalité d’Apollinaire, sa sensibilité artistique, son insatiable curiosité, font de lui un témoin, un acteur et un passeur privilégié des bouleversements du début du XXe siècle. Grand découvreur de l’art de son temps, Apollinaire avait "situé une fois pour toutes la démarche d’un Matisse, d’un Derain, d’un Picasso, d’un Chirico (…) au moyen d’instruments d’arpentage mental comme on n'en avait plus vus depuis Baudelaire" déclarait Breton en 1952.

Le propos de cette exposition est de rendre l’importance qu’a pu avoir pour son époque le regard de ce poète-critique comme Baudelaire ou Mallarmé en leurs temps. Poète, critique, découvreur des arts africains, ami des artistes, Apollinaire s’est révélé un acteur central de la révolution esthétique qui donna naissance à l’art moderne.

Cette exposition souhaite explorer l’univers mental et esthétique d’Apollinaire à travers un parcours thématique : du Douanier Rousseau à Matisse, Picasso, Braque ou Delaunay, du cubisme à l’orphisme et au surréalisme, des sources académiques à la modernité, des arts premiers aux arts populaires. Elle mettra tout particulièrement à l’honneur les liens du poète avec Picasso dans une section dédiée... Elle trouve tout naturellement sa place au musée de l’Orangerie, aux côtés d’œuvres réunies par son ami Paul Guillaume, qu’il introduisit dans les cercles d’avant-garde et dont il devint le conseiller.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






Giorgio de Chirico (1888-1978)
Portrait (prémonitoire) de Guillaume Apollinaire, 1914
Paris, Musée National d'Art Moderne-Centre Pompidou © Centre Pompidou,
MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam Rzepka © ADAGP, Paris 2016


Commissaire générale
Laurence des Cars, conservateur général du patrimoine et directrice du musée de l’Orangerie

Commissaires
Claire Bernardi, conservateur du patrimoine au musée d’Orsay
Cécile Girardeau, conservateur du patrimoine au musée de l’Orangerie
Assistées de Sylphide de Daranyi, chargée d’étude documentaire au musée de l’Orangerie

Comité scientifique
Emilie Bouvard, conservateur du patrimoine au musée national Picasso, Paris
Laurence Campa, professeur de littérature française à l'université Paris-Ouest Nanterre
Cécile Debray, conservateur du patrimoine au musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou
Maureen Murphy, maître de conférences à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne
Peter Read, professeur de littérature et arts visuels à l’université du Kent

Exposition organisée par les musées d'Orsay et de l'Orangerie avec le soutien exceptionnel du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, du Musée national Picasso-Paris et de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

 

En partenariat médias avec La Croix, Le Parisien Magazine, Paris Première et France Culture.
 
Avec le soutien de la Fondation d'entreprise La Poste
 

On connaît Apollinaire le poète, l’auteur d’Alcools et de Calligrammes... On oublie peut-être qu’Apollinaire fut aussi un critique d’art fécond qui témoigna des révolutions stylistiques de son temps et eut une grande influence au sein de l’avant-garde. Sa devise : "J’émerveille".

Apollinaire : un homme (et son) époque
L’activité d’Apollinaire critique d’art s’étendit de 1902 à 1918. Il fut le témoin et le passeur privilégié de l’avènement de mouvements artistiques destinés à faire date. Alberto Savinio vit ainsi en lui "un homme-époque". Si l’intérêt d’Apollinaire (qui imagina lui-même son nom en se plaçant sous la protection du dieu solaire des Grecs) se porta spontanément vers la littérature, son goût pour les arts visuels fut très vif. Il fréquentait déjà les musées de Rhénanie en 1901, avant de découvrir ceux de Berlin et de Prague. De retour à Paris, ses débuts dans les milieux littéraires et artistiques l’amènent à fréquenter les Salons et les expositions. Les rencontres s’enchaînent, Derain, Vlaminck, Rousseau, Matisse, Picasso... Son texte sur Matisse dans La Phalange, en 1907, montre son attachement aux expérimentations modernes. De nombreux peintres réalisent des portraits du poète dont le plus énigmatique reste celui de Giorgio De Chirico en 1914. Dans Apollinaire et ses amis, de Marie Laurencin (avec laquelle il eut une liaison), on reconnaît Gertrude Stein ou Picasso. Les lettres du poète gardent aussi la trace de ses liens avec la scène artistique et littéraire.

Le regard en liberté
Apollinaire a toujours montré un grand éclectisme de goût. Sa curiosité le mena en effet vers les arts du cirque, de l’affiche ou de la marionnette. Vers la scène, aussi, ce dont témoigne son intérêt pour  Natalia Gontcharova qui réalise les costumes et les décors pour le spectacle des ballets russes Le Coq d’or en 1914. Le poète affectionnait tout autant les arts d’Afrique, à une époque où on n’y voyait qu’un exotisme. Le Moyen Âge l’inspirait également, comme on le voit dans le livre publié avec Derain en 1909, L’Enchanteur pourrissant, qui mettait la gravure sur bois à l’honneur, à la suite de Remy de Gourmont et de Jarry dans L’Ymagier. De Jarry, Apollinaire reprendra aussi la trame ludique et le goût de la dérision. Les photographies de son appartement du boulevard Saint-Germain témoignent de ce goût dans l’agencement de son intérieur où se mêlaient sans hiérarchie tableaux de l’avant-garde, statuettes africaines et marionnettes.

Méditations esthétiques
L’ouvrage qu’il dédia au cubisme en 1913 sous le titre Les Peintres cubistes, Méditations esthétiques témoigne de sa perspicacité. Il consacra différents chapitres à Pablo Picasso, Georges Braque, Jean Metzinger, Albert Gleizes, Juan Gris, Marie Laurencin, Fernand Léger, Francis Picabia, Marcel Duchamp et Raymond Duchamp-Villon. "En dépit de son vilain nom, ce mouvement est ce qu’il y a de plus élevé aujourd’hui dans les arts plastiques", notait-il déjà en 1911. Il signa la préface de la première exposition  Braque dès 1908 à la galerie Kahnweiler. Apollinaire entretint par ailleurs de constantes relations avec les galeristes et les marchands d’art célèbres, en France et à l’étranger, parmi lesquels Ambroise Vollard, Henri Kahnweiler et Paul Guillaume à Paris, Herwarth Walden à Berlin ou encore Alfred Stieglitz à New York. Il exprima ses goûts et ses soutiens aux artistes dans Les Soirées de Paris, la revue qu’il cofonda à partir de 1912. Son adhésion à la peinture et à la sculpture cubiste ne l’empêcha cependant pas de se montrer enthousiaste vis-à-vis d’autres mouvements, du fauvisme à l’orphisme.

Apollinaire et Picasso
À partir de février 1905, l’amitié d’Apollinaire avec Picasso donna lieu à une grande correspondance. "Dieu sait que nous avons souvent parlé d’art", se souvenait Apollinaire. Picasso réalisa pour le poète le frontispice de son recueil Alcools. Le poème Pablo Picasso, publié dans la revue SIC en 1917 se présente comme un portrait poétique du peintre. Picasso se souvint toute sa vie de ses treize années durant lesquelles il a pu apprécier la compagnie du poète. Le portait d’Apollinaire couronné de lauriers réalisé en 1948 par Picasso en témoigne.

L’Horloge de demain
Formé par la contraction de "calligraphie" et d’"idéogramme", un calligramme est un poème dont la disposition graphique sur la page forme un dessin, souvent en rapport avec le sujet du texte. Guillaume Apollinaire, inventeur du mot, est l’auteur le plus reconnu et le plus inventif s’étant exercé à cet art.  L’Horloge de demain, seule composition calligrammatique publiée en couleur en 1917 dans 391, la revue de Picabia, montre que le poète, après des années de front, avait conservé ce désir de nouveauté. Il fut aussi celui qui créa l’expression "sur-réalisme" dans le programme du célèbre spectacle Parade, associant les talents de Picasso, Massine, Satie et Cocteau. Montée en 1917, sa pièce Les Mamelles de Tirésias bénéficia de la collaboration du peintre Serge Férat, auteur des costumes et des décors. Cette attention à toutes les formes de créativité se lit aussi dans sa bienveillance à l’égard du cinéma naissant. Il exhorta les poètes à s’approprier ce médium au potentiel si riche, pour lequel il s’essaiera à écrire avec La Bréhatine, un ciné-texte conçu avec André Billy. Son engouement pour les Rythmes colorés, une suite de peintures de Léopold Survage, procédait dès 1914 du même intérêt pour l’image séquentielle. Proche de Picabia, Duchamp, Soupault et Breton, Apollinaire fait le lien avec les générations montantes de l’avant-garde.

Apollinaire et Paul Guillaume
Une vive amitié se noue entre les deux hommes autour de 1910. Ils partagent le même goût pour l’art moderne et pour les arts extra-occidentaux. Apollinaire, de onze ans l’aîné de Paul Guillaume (1891-1934), devient son mentor et le conseille dans ses choix d’artistes et de pièces d’art africain. Paul Guillaume ouvre ainsi sa première galerie parisienne en 1914 à l’âge de vingt-trois ans. Le poète est un véritable animateur des lieux et signe de nombreuses préfaces pour les catalogues d’exposition de la galerie de son ami, notamment pour Larionov et Gontcharova en 1914, Derain en 1916, ainsi que pour la première exposition confrontant Matisse et Picasso en 1918. Il l’encourage aussi à écrire et publier. Ainsi, dès 1918, Paul Guillaume lance la revue Les Arts à Paris, directement inspirée par la revue Les Soirées de Paris d’Apollinaire. En 1917, ils cosignent la publication de L’Album nègre, précieux ouvrage à la gloire de l’art africain qui les fascine tous les deux. Affaibli par sa blessure, Apollinaire meurt prématurément d’une congestion pulmonaire le 9 novembre 1918, sans connaître la fin de la guerre, mais non sans avoir fortement marqué toute une génération. "C’était un très grand personnage", disait de lui Breton. "Le Lyrisme en personne."

Découverte de l'exposition sous la conduite des commissaires de l'exposition : Laurence des Cars, directrice du musée de l'Orangerie et Cécile Girardeau, conservateur au musée de l'Orangerie et Claire Bernardi, conservateur du patrimoine peinture au musée d’Orsay.
Mercredi 13 avril 2016 à 19h

Afin d'accompagner le visiteur dans sa découverte de l'exposition, des visites guidées sont programmées les mercredis et samedis à 16h, du 16 avril au 16 juillet 2016.

Visite guidée à destination des personnes en situation de handicap auditif en LSF les 4, 25 juin et 9 juillet 2016 à 11h.

Au spectacle avec Apollinaire
Pour les familles, à partir de 5 ans
Les mercredi à 15h, du 20 avril au 13 juillet 2016
Les samedis 4 et 11 juin à 15h

Calligramme, dessiner avec les mots
Pour adultes
Les samedis 23 avril, 7 et 21 mai, 18 juin, 2 juillet 2016 à 15h
 

Des comédiens du centre dramatique national Les Tréteaux de France, dirigé par Robin Renucci, s’associent à des universitaires, spécialistes d’Apollinaire, pour aborder les liens entre le poète et le monde artistique sous toutes ses formes.

Apollinaire et Paul Guillaume
Laurence Campa, professeur à l'Université de Paris Ouest Nanterre
Peter Read, professeur de littérature et arts visuels à l’université du Kent
Mercredi 18 mai 2016 à 19h

Picasso est une fête !
Emilie Bouvard, conservateur au musée Picasso
Emilia Philippot, conservateur au musée Picasso
Stéphane Guégan, historien de l’art, musée d’Orsay
Mercredi 25 mai 2016 à 19h

Apollinaire et les arts "exotiques"
Maureen Murphy, historienne de l'art, Maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Mercredi 1er juin 2016 à 19h

Le Poète assassiné
Adaptation et mise en lecture par Isabelle Hurtin
Interprété par dix comédiens de la compagnie du Ness
Vendredi 3 juin 2016 à 19h

En sortant de l’École : Guillaume Apollinaire
Pour accompagner l’exposition Apollinaire, le regard du poète, le musée de l’Orangerie diffuse En sortant de l’école, la collection de 13 films d’animations réalisés par 14 jeunes réalisatrices et réalisateurs. Ces films animent 13 poèmes de Guillaume Apollinaire destinés aux enfants, mais pas seulement…

Production : Tant Mieux Prod
Avec la participation de France Télévisions / France 3
Distribution : Autour de minuit
Durée 40 mn

 

À 11h et 15h les 27 et 30 avril / 5, 7, 8, 14, 15 et 16 mai / 12 juin / 2, 6 et 13 juillet
À 15h le 14 juillet
Toute la journée et à chaque heure, à partir de 9h20, lors des journées dédiées aux familles les 4 et 11 juin.


Les films :

Je me souviens de mon enfance
Écrit et réalisé par Marie de Lapparent
— Stop Motion
Musique originale : Julien Divisa, Yan Volsy
Voix off : Sylvain Despretz

Le Pont Mirabeau
Écrit et réalisé par Marjorie Caup
— 2D traditionnelle
Musique originale : Julien Divisia, Yan Volsy
Voix off : Thibault Vinçon

Ville et Coeur
Écrit et réalisé par Anne-Sophie Raimond
— Papier découpé
Musique originale : Pablo Pico
Voix off : Thibault Vinçon

Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée (extraits)
Écrit et réalisé par Florent Grattery
— 2D digitale
Musique originale : Julien Divisia
Voix off : Thibault Vinçon

Saltimbanques
Écrit et réalisé par Wen Fan et Mengshi Fang
— 2D traditionnelle
Musique originale : Yan Volsy
Voix off : Sylvain Despretz

Un oiseau chante
Écrit et réalisé par Mathieu Gouriou
— Papier découpé
Musique originale : Pablo Pico
Voix off : Thibault Vinçon

Le Repas
Écrit et réalisé par Emilie Phuong
— 2D digitale
Musique originale : Frédéric Marchand, Pablo Pico
Voix off : Yolande Moreau

Automne
Écrit et réalisé par Hugo de Faucompret
— 2D traditionnelle (décors) / 2D digitale
Musique originale : Frédéric Marchand, Pablo Pico
Voix off : Yolande Moreau

À toutes les dingotes et à tous les dingots
Écrit et réalisé par Augustin Guichot
2D digitale
Musique originale : Julien Divisia, Frédéric Marchand
Voix off : Pascal Greggory

Le Coin
Écrit et réalisé par Charlie Belin
2D digitale
Musique originale : Pablo Pico, Yan Volsy
Voix off : Yolande Moreau

Carte postale
Écrit et réalisé par Fabienne Wagenaar
— Papier découpé
Musique originale : Julien Divisia, Frédéric Marchand
Voix off : Sylvain Despretz

Mutation
Écrit et réalisé par Loïc Espuche
— 2D digitale
Musique originale : Pablo Pico, Yan Volsy
Voix off : Thibault Vinçon

Fusée-Signal
Écrit et réalisé par Caroline Cherrier
— 2D traditionnelle (décors) / 2D digitale
Musique originale : Julien Divisia, Frédéric Marchand
Voix off : Thibault Vinçon

Une soirée au musée
Une Nuit parisienne avec Apollinaire, en partenariat avec l'École du Louvre
Samedi 11 juin de 18h30 à 22h30

Apollinaire solstice
Par Philippe Pigeard, musicien et auteur
Mardi 21 juin 2016 à 21h30 et 23h30

Au cinéma avec Guillaume Apollinaire
Un programme proposé par Lobster Films.
Courts-métrages muets présentés et accompagnés au piano par Serge Bromberg tels qu’Apollinaire a pu les découvrir.
Vendredi 24 juin 2016 à 19h, 20h, 21h, 22h et 23h

Catalogue de l'exposition
 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai tant aimé les arts que je suis artilleur. Guillaume Apollinaire, 1916.
Poète, critique, découvreur des arts africains, ami des artistes, Apollinaire s’est révélé un acteur central de la révolution esthétique qui donna naissance à l’art moderne.
Cet ouvrage explore l’univers mental et esthétique d’Apollinaire à travers un parcours thématique : du Douanier Rousseau à Matisse, Picasso, Braque ou Delaunay, du cubisme à l’orphisme et au surréalisme, des sources académiques à la modernité, des arts premiers aux arts populaires et met tout particulièrement à l’honneur les liens du poète avec Picasso.

Collectif, sous la direction de Laurence des Cars, directrice du musée de l’Orangerie.
Carole Aurouet, maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée
Claire Bernardi, conservatrice du patrimoine au musée de l’Orsay
Émilie Bouvard, conservatrice du patrimoine, musée national Picasso-Paris
Laurence Campa, professeur de littérature française à l’université Paris-Ouest Nanterre
Claude Debon, professeur émérite à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3
Cécile Debray, conservatrice du patrimoine au Centre Pompidou, musée national d’art moderne
Cécile Girardeau, conservatrice du patrimoine au musée de l’Orangerie
Donatien Grau, membre de New College-université d’Oxford
Etienne-Alain Hubert, maître de conférence honoraire, université Paris-Sorbonne
Jean-Jacques Lebel, artiste et écrivain
Maureen Murphy, maître de conférences en histoire de l’art contemporain, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Didier Ottinger, conservateur général du patrimoine, directeur-adjoint chargé de la programmation culturelle, Centre Pompidou, musée national d’art moderne
Émilia Philippot, conservatrice du patrimoine, musée national Picasso-Paris
Peter Read, professeur de littérature et arts visuels à l’université du Kent
Henri Soldani, historien de l’art

Coédition Musées d’Orsay et de l’Orangerie / Gallimard

Cartonné-320 pages-216 x 288 mm-270 illustrations environ
978-2-07-017915-2
Prix : 45€
 

Guillaume Apollinaire, Paul Guillaume. Correspondance

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quand Paul Guillaume rencontre le poète Guillaume Apollinaire en 1911, il ne peut se prévaloir que de sa jeunesse, de son ambition, et de l’intérêt qu’il porte aux arts africains et océaniens. Comment cet inconnu de 19 ans, d’origine modeste, est-il devenu, en moins de dix ans, l’un des marchands d’art les plus influents et les plus éclairés de son époque ? Cette correspondance croisée raconte les années décisives d’une trajectoire exemplaire, qui sut conjuguer une remarquable intuition artistique à une stratégie commerciale innovante. Si le poète et le galeriste n’ont pas toujours les mêmes objectifs ni les mêmes intérêts, ils ont tous deux un sens aigu de la modernité. Grâce au soutien d’Apollinaire, Paul Guillaume contribue à promouvoir la peinture de son temps (Chirico, Derain, Gontcharova, Larionov, Matisse, Modigliani, Picasso, etc.) et à réévaluer la place des arts premiers dans le paysage artistique du XXe siècle.
Après la mort d'Apollinaire en 1918, il poursuit sa lancée en France et aux États-Unis, avant de disparaître en 1934. Aujourd’hui, sa collection constitue l'une des pièces maîtresses du musée de l’Orangerie à Paris.
En grande partie inédite, cette correspondance rassemble 120 lettres, enrichies de documents et d’illustrations rares, également souvent inédits, accompagnées d’une introduction, de notes et de commentaires qui en éclairent le contexte et les significations. En présentant les deux correspondants sous un nouveau jour, elle raconte à sa manière la genèse de l’art moderne.

Édition de Peter Read. Introduction de Laurence Campa et Peter Read
Collection Art et Artistes. Gallimard / Musée de l'Orangerie

Sous couverture illustrée-192 pages illustrées-160 x 220 mm
ISBN : 9782070177929
Prix : 19,50€