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LA PROTO-MÉTAPHYSIQUE

De son séjour à Munich, Giorgio de Chirico se choisit pour maîtres Arnold Böcklin et Max Klinger. Leurs œuvres inspirées des mythes de la Grèce antique mêlent surnaturel et quotidien. Elles lui rappellent l’univers de son enfance à Vólos, en Thessalie, berceau de l’expédition des Argonautes, des sagas des Centaures, empreint d’une dimension panthéiste ancestrale, celle d’une nature habitée de nymphes et de géants.
Ainsi la peinture de Chirico prend une dimension autobiographique, et c’est naturellement qu’ils s’identifient, lui et son frère Alberto Savinio, aux figures des Argonautes ou à celle d’Ulysse errant, métaphore vivante de la connaissance. Durant l’été 1909, lors de son séjour à Rome et à Florence, il a ses premières "révélations", visions de tableaux qu’il note rapidement sur des feuillets. Il y esquisse des compositions d’édifices archaïques, des contrastes de lumières et d’ombres et de rares présences de figures symboliques, propices à suggérer des émotions et des sensations vagues telles que la solitude, la nostalgie ou le désir. Les premières oeuvres métaphysiques sont datées de cette période autour de 1910.