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Focus collection / Les Biches de Marie Laurencin

16 septembre 2020 – 11 janvier 2021

Pour la saison 1924, Serge de Diaghilev, l’illustre directeur des Ballets russes, commande un ballet à de jeunes artistes alors déjà assez en vue. Il choisit ceux qui incarnent le mieux un moment qu’il veut léger et élégant : Francis Poulenc pour la partition, Bronislava Nijinskaia – la sœur du célèbre danseur – pour la chorégraphie, Marie Laurencin pour les décors et les costumes.

Les Biches

Marie Laurencin (1883-1956), Les Biches, 1923
© RMN-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski © ADAGP, Paris 2020

Dans un ensemble parfait, ces trois jeunes artistes créent un "Ballet d’atmosphère" affranchi de l’argument et de la narration, dont le seul véritable thème est le désir : quelques jeunes femmes sophistiquées et trois jeunes hommes sont réunis dans un vaste salon baigné de soleil, meublé uniquement d’un immense canapé bleu pour un marivaudage distingué et plein d'ironie. Le livret se résume à un titre, Les Biches. Trente ans plus tard, Poulenc se souvient dans les Entretiens avec Claude Rostand : "Je cherchais un titre animal, comme Les Sylphides, et tout à coup je m’écriai : “ Pourquoi pas les Biches ? ” jouant ainsi sur le côté animal de certaines femmes de Marie Laurencin et sur le double sens du mot biche dans la langue française, Biches, pour cette raison, est intraduisible en anglais". Au lendemain de la création du ballet à Monte-Carlo le 6 janvier 1924, la presse bruisse d’éloges. "Les Biches est une œuvre étincelante de jeunesse et de joie" note Le Matin.

Marie Laurencin s’engage avec enthousiasme dans cette première expérience de décors et de costumes alors que sa carrière est déjà couronnée de succès. L’artiste a été la compagne de Guillaume Apollinaire comme celle des origines du cubisme. Après la Première Guerre mondiale loin de Paris, elle reprend place sur la scène artistique exécutant les portraits de personnalités mondaines, Jean Cocteau, la baronne Gourgaud, Coco Chanel, lady Cunard... Ses marchands l’accompagnent, Paul Rosenberg surtout mais aussi Paul Guillaume avec qui elle se lie d’amitié. Ce dernier conserve dans sa collection la composition qui, exécutée en grand, a constitué le rideau de scène du spectacle. Avec ces décors, achèvent de se mettre en place nombre des caractéristiques qui définissent jusqu’à la fin la peinture de Laurencin, dont Cocteau disait "Équivoque gracieuse, c’est une gazelle".