Édito

UN ÉTÉ DANS LES NYMPHÉAS


À l’approche de l’été, le musée de l’Orangerie orchestre lectures et dialogues autour des Nymphéas de Monet. L’hommage du peintre américain Alex Katz se déploie avec ses propres paysages d’eau, sombres et concis, miroitements superbes de l’impressionnisme au Pop’art.
Dans le cadre du festival ManiFeste 2019, en partenariat avec l’Ircam et ProQuartet, l'œuvre de Kaija Saariaho, Nymphea pour quatuor et dispositif électronique, est jouée par le Quatuor Béla au cœur de l'œuvre de Monet, le 20 juin. "Image de la structure symétrique du nénuphar qui, flottant sur les eaux, se plie, se transforme. Les différentes interprétations de la même image : d’une part, la surface homogène avec ses couleurs, ses formes, d’autre part, les différentes matières, leurs états et leurs dimensions" sont autant de thèmes qui président à l’écriture de cette pièce musicale. Le lendemain, la Fête de la musique et l’été sont célébrés par de jeunes quatuors à cordes avec de la musique électro-acoustique. Autre jeu de reflets, Une œuvre un regard, série d’entretiens filmés mis en ligne, avec notamment les artistes Claire Tabouret et Alex Katz qui commentent les Nymphéas, in situ.
Le musée de l’Orangerie se tourne vers les enfants. Un dépliant de visite de l’exposition a permis à nombre d’entre eux de scruter, copier, interroger les tableaux colorés de Franz Marc et d’August Macke. Un site, Les petits M’O, leur est dédié pour leur permettre d’apprivoiser le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie, grâce aux deux mascottes, l’ours Pompon et la grenouille Lily. Cet été, Le Repaire de Lily, "laboratoire créatif" dédié aux 6-12 ans, propose des activités accessibles gratuitement, invitant les enfants à tirer le fil de l’imaginaire en participant à des ateliers d’écriture, à une grande fresque collective ou en s’installant au sein d’un coin lecture… Un cycle de films, Les Animaginaires de Lily, leur est également proposé.
L’automne préparera la mue des collections du musée. Alors que sera présentée l’exposition Félix Fénéon. Les temps nouveaux, portrait vif d’un libertaire, inventeur de Seurat, défenseur de l’art africain, des futuristes italiens et de Matisse, les salles dédiées aux œuvres de la collection Walter Guillaume seront rénovées pour accueillir un nouvel accrochage fin mars.
Aux côtés de Félix Fénéon, les contrepoints contemporains, les rendez-vous de la Nuit blanche et de la Fiac, le cycle Danse dans les Nymphéas continuent d’animer, d’habiter le musée de l’Orangerie.

Bel été !

Cécile Debray, directrice du musée de l’Orangerie