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Le cycle des Nymphéas
Expérience et création
Un "tout sans fin"
Un monument à la paix

 


Un monument à la paix

 



Le vestibule original des Nymphéas, détruit dans les années 1960

 

Un "asile"

Monet a explicitement conçu les Nymphéas comme un "asile", une retraite vouée au ressourcement de l'homme coupé de ses racines. Voici comment il évoquait par avance, en 1909 cette enclave  au milieu de l'agitation de la vie moderne : "les nerfs surmenés par le travail se seraient détendus là, selon l'exemple reposant de ces eaux stagnantes, et, à qui l'eût habitée, cette pièce aurait offert l'asile d'une méditation paisible au centre d'un aquarium fleuri... " Le vestibule entièrement vide placé à l'entrée comme un pronaos soulignait cette pensée presque religieuse.

 

 

Monet, Clemenceau et une amie sur le "pont japonais".
Photographie du comte Samji Kuroki, 1921

 


Un geste historique

La visée humaniste des Nymphéas se révèle dans sa profondeur quand Monet prend la décision de les offrir à la France. Il le fait par une lettre à Georges Clemenceau, qui l'a soutenu tout au long de son entreprise et va s'employer à la faire aboutir. La date de cette lettre - le lendemain de l'armistice du 11 novembre 1918 - et le nom du destinataire - à la fois l'ami du peintre et l'homme qui vient de conduire le pays à la victoire - donnent la mesure de ce geste consciemment historique. Il fait des Nymphéas un monument à la paix, la paix militaire, celle qui met fin à la Grande Guerre, mais aussi la paix intérieure de l'homme. Au-delà de la France dévastée de 1918, ce message s'adresse à la collectivité humaine.

 



La salle 2 des Nymphéas ravagée par un obus dans la bataille de la Libération de Paris en août 1945.

 

Abandon et renouveau

Quel contraste entre la générosité de Monet et l'accueil fait à son grand geste ! En 1927, année où les Nymphéas ouvrent au public, l'impressionnisme est passé de mode, les nouvelles générations font la fine bouche et le public reste clairsemé. De son côté, l'Administration se désintéresse des salles désertes et les laisse à l'abandon. A quoi s'ajoutent les outrages de la guerre : plusieurs obus tombés lors de la Libération de Paris. Bien pis, une désastreuse "rénovation" de l'Orangerie dans les années 1960 ravage le dispositif conçu par Monet. Le vestibule est rasé, les entrées multiples sont bouchées ; une dalle de béton fait écran à la lumière du jour et une verrière lourdement quadrillée diffuse un éclairage figé ; l'accès direct est remplacé par un invraisemblable parcours d'escalier en escalier… Puis la roue tourne. Sous l'influence de l'abstraction lyrique, qui se réclame des Nymphéas, le public en réapprend le chemin et l'Orangerie devient en quelques décennies un des sites les plus visités de Paris. Enfin, le remodelage radical du bâtiment réalisé de 2000 à 2006 rend aux Nymphéas la lumière vivante et la plénitude de leur sens.

 



 

 


 



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Expérience et création
Un "tout sans fin"
Un monument à la paix

 

© Musée de l'Orangerie / RMN-Grand Palais

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