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Le cycle des Nymphéas
Expérience et création
Un "tout sans fin"
Un monument à la paix

 


Expérience et création

 



Monet au travail au bord du bassin, été 1904
© Philippe Piguet

 

En deux temps

Si la plupart des paysages de Monet sont peints sur le motif et en "temps réel", avec parfois quelques reprises postérieures, les peintures de l'Orangerie résultent d'un va-et-vient entre observation directe et souvenir. Leur format excluant d'y travailler en plein air, Monet organisa son travail en deux temps. A la belle saison, il peignait d'après nature, à l'échelle de l'ensemble mural, de grandes études de détail de la surface du bassin et de la végétation des bords. Le reste de l'année, dans un vaste atelier qu'il avait fait construire tout exprès, il travaillait aux "panneaux" proprement dits, quelquefois en s'appuyant sur des études, le plus souvent à partir de ses souvenirs, amplement recomposés.

 

 

Monet et Clemenceau dans l'atelier des Nymphéas, [novembre 1916 ? ]
© Philippe Piguet

 


"Sans dessin et sans bords…"

L'image de la nature proposée par les Nymphéas a dérouté les contemporains tant elle rompait avec la vision coutumière. Les normes de l'art du paysage volaient en éclats ; la facture, elliptique, interdisait tout effet banal d'illusion. "Etonnante peinture, sans dessin et sans bords", notait le critique Louis Gillet lors de l'ouverture de l'Orangerie : plus de ciel, plus d'horizon, presque plus de perspective, de plans distincts, de points de repère stables permettant de s'orienter ; des limites ouvertement arbitraires entre l'espace réel et l'espace pictural… A quoi s'ajoutait le spectacle fantastique offert par la nappe d'eau, où les reflets du ciel et des arbres se présentent à l'envers et les nymphéas parsemés sur la surface dans le sens "normal". Pourtant, Monet n'avait d'autre ambition que de rendre compte de la nature. Mais il portait sur toute chose le regard d'un artiste supérieur, sensible à la secrète poésie du réel et sachant l'exprimer dans un langage inédit.

 



L'atelier des Nymphéas en 1917

 

Un rêve lumineux

Vides de tout signe de présence humaine, les Nymphéas renvoient à une nature élémentaire et intemporelle, ignorant la révolution industrielle comme les horreurs de la guerre au cours de laquelle il sont nés. Non que Monet ait été indifférent à ces misères, bien au contraire : c'est par un véritable refoulement qu'il a progressivement expulsé de son oeuvre la fièvre picturale et le sentiment oppressant qu'exprimaient au même moment ses Ponts japonais. Un rêve d'harmonie hante l'espace baigné de lumière de l'Orangerie. On en mesure la portée réparatrice quand on sait que Monet, souffrant d'une double cataracte, y travaillait presque aveugle dans les dernières années.

 




 

 


 



Le cycle des Nymphéas
Expérience et création
Un "tout sans fin"
Un monument à la paix

 

© Musée de l'Orangerie / RMN-Grand Palais

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