Retour page d'accueil Musée de l’Orangerie - RMN

Le cycle des Nymphéas
Expérience et création
Un « tout sans fin »
Un monument à la paix

 

Le cycle des Nymphéas

 

Claude Monet dans son
« jardin d’eau », vers 1904.

 

Grand chantier, petit motif

Entre 1895 et sa mort (1926), de sa cinquante-cinquième à sa quatre-vingt-cinquième années, Claude Monet a peint d’après le « jardin d’eau » de sa propriété de Giverny, en Normandie, et son fameux bassin aux nymphéas (terme synonyme de « nénuphar » mais plus riche en suggestions poétiques) quelque trois cents tableaux, dont plus de quarante « panneaux » de grand format. Le vétéran de l’impressionnisme y montre une profondeur de conception, une liberté créatrice, un mélange de délicatesse et de vigueur dont l’histoire de l’art occidental offre peu d’exemples. Culminant sur l’ensemble monumental de l’Orangerie, cet immense chantier contraste avec l’échelle réduite du motif. D’un paysage miniature de quelques centaines de mètres carrés où il a concentré ses sujets de prédilection, Monet a fait son laboratoire esthétique.

 

 

Claude Monet
Le Bassin au nymphéas, harmonie verte, 1899.
Paris, musée d’Orsay

 

Le jardin

Créé de toute pièce, le jardin est lui-même une peinture vivante, changeant d’aspect selon l’heure et la saison et renouvelant ses perspectives au gré des mouvements du visiteur. On y retrouve les thèmes-clés et les propriétés distinctives de l’art de Monet, son goût pour l’illimité et l’aléatoire, le temps qui passe, l’espace en expansion, la fusion des objets dans un chevauchement de formes fluides – paillettes et coulées de lumière, moires de reflets, nuages, frondaisons... On y retrouve aussi son besoin d’un contact intime avec la nature : le jardin n’est pas un spectacle, à voir à distance, mais un milieu, où le visiteur se plonge littéralement.

 

Claude Monet
Les Deux saules (détail)
Paris, musée de l’Orangerie

 

Les deux options

C’est cet effet d’immersion, de communion physique et mentale avec les éléments, que le cycle des Nymphéas s’attache à communiquer. Il le fait selon deux formules définies dès l’origine. L’une englobe les rives du bassin et leur végétation touffue, étouffante : c’est celle des Bassins aux nymphéas de 1899-1900, puis des Ponts japonais des dernières années. L’autre, jouant au contraire sur le vide, ne retient que la nappe d’eau et sa ponctuation de fleurs et de reflets : c’est celle des Paysages d’eau (1903-1908), gros plans aux cadrages serrés organisés par séries, dont chaque pièce se présente comme un fragment ; c’est aussi et surtout celle du décor mural. Conçu dès 1897 (il reste quelques vestiges du projet initial), cet « environnement » avant la lettre mobilise toute l’énergie de l’artiste à partir de 1914. Il prend sa forme définitive dans le dispositif spatial de l’Orangerie : une frise panoramique se déployant presque sans rupture et enveloppant le spectateur.

 



Le cycle des Nymphéas
Expérience et création
Un « tout sans fin »
Un monument à la paix

 

© Musée de l’Orangerie - RMN

Navigation Retour accueil "Musée de l’Orangerie" Informations pratiques Actualités Un lieu, une histoire Les Nymphéas La Collection Jean Walter et Paul Guillaume