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Derain, "le fils révolté de Corot"

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Salle Derain
Collection Jean Walter et Paul Guillaume
Paris, musée de l'Orangerie

Derain est assurément le peintre que Paul Guillaume a le plus soutenu. Alberto Savinio, frère de
Giorgio de Chirico, a pu écrire que « Paul Guillaume vivait dans l’ombre d’André Derain ». Bien qu’il
ne devienne son principal marchand qu’à partir de 1923, il présente dès 1916 une exposition
retentissante qui lui est entièrement consacrée. En 1919, Derain peint son portrait avant de faire à
trois reprises celui de Domenica.

La rupture de Derain avec son premier marchand, Kahnweiler (« le » marchand des cubistes), est
significative de son évolution esthétique. Après l’épisode fauve et une période marquée par
l’empreinte du cubisme, Derain – qui dit ne vouloir appartenir à aucun mouvement – se cherche
dans l’interrogation du passé. En s’inscrivant dans une prestigieuse tradition picturale, il tourne le
dos à la face conquérante de la modernité, faite de ruptures et de tables rases : « Mes idées ont été
entièrement effarées quand j’ai vu au Louvre les impressionnistes exposés à côté de Rembrandt,
de Rubens, de Velasquez, de Watteau, de Poussin, de Raphaël. […]. Un Le Nain tout gris
démolissait les Monet. » Un voyage à Rome en 1921 le conforte dans son admiration pour Raphaël
et finit de le convaincre de la supériorité des « maîtres ». Le dessin retrouve ses droits, notamment
dans les nus féminins ; les natures mortes multiplient les hommages à Chardin notamment, et les
paysages sereins, épargnés par les transformations du monde moderne (Le Gros Arbre, La Route,
…), avouent clairement leur dette envers Corot. « Derain ? C’est le fils révolté de Corot. Mais c’est
quand même son fils », note Michel Georges-Michel, tandis qu’Elie Faure remarque : « Derain a
renoué la chaîne, ce qui est plus difficile que de la rompre ».

La réputation de Derain est à son faîte dans les années 1920 et 1930 où elle dépasse même celle
d’un Picasso. Les collectionneurs s’arrachent ses œuvres. Pourtant, la reconnaissance officielle
tarde : en 1931, Andry-Farcy, le conservateur du musée de Grenoble, peut se féliciter d’être l’un des
premiers à avoir acquis un de ses tableaux pour un musée.

 

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