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L’Age d’or de Derain

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André DERAIN (1880 – 1954)
L’Age d’or
vers 1938 - 1946
huile sur papier marouflé sur toile
Don d’Alice Derain et d’Adrien Maeght au Musée national d’art moderne (1962)
AM 4055 P
Dépôt du Centre Georges Pompidou, Musée national d'art moderne / Centre de création industrielle  au musée de l’Orangerie (2006)
© ADAGP, 2006



André Derain, régulièrement sollicité pour la réalisation de décors de théâtre, était familiarisé avec les compositions de grands formats et leurs contraintes. Cette immense huile sur papier marouflé sur toile est cependant la plus monumentale qu'il ait jamais réalisée.
La technique par grands aplats colorés, un graphisme simplifié, des coloris austères et même quelque peu éteints, des tons posés par traits juxtaposés, le fait même que l'œuvre a été réalisée sur papier, tout laisse supposer qu'il s'agit d'un carton de tapisserie. L'importance de la masse végétale et sa tonalité sombre évoquent les tapisseries anciennes, ces fameuses "verdures" du XVIIe siècle.
Derain connaissait bien la tapisserie et sa technique : il avait commencé avant 1935 une Chasse au cerf (aujourd'hui au musée d'art moderne de Troyes) dont la version en tapisserie avait été lissée à Aubusson en septembre 1940. La tapisserie connaît alors un renouveau dont témoigne l'exposition "Cartons et tapisseries modernes des Manufactures nationales" qui se tient à l'Orangerie en 1943-1944. L'Âge d'or a fait lui-même l'objet d'une traduction en tapisserie après la mort de l'artiste.
Derain commence à travailler à cette œuvre en 1939 ; il ne la terminera qu'après la guerre, et peut-être même en infléchira-t-il la thématique, passant d'une imagerie de combat à celle, plus hédoniste, qui lui a valu la dénomination sous laquelle elle est connue aujourd'hui.
Le répertoire dans lequel a puisé l'artiste est un répertoire "primitif" : s'y mêlent son goût jamais démenti pour la peinture italienne du Quattrocento, mais aussi l'imagerie d'Épinal, et même le souvenir d'Henri Rousseau : à l'instar du Douanier qu'il admirait depuis sa jeunesse, Derain a puisé dans sa collection de gravures un Chasseur d'Afrique, dans lequel le grand lion du centre figurait dans la même attitude.
Les autres fauves sont librement inspirés des animaux figurant dans les représentations héraldiques. Dans cette vaste scène où les hommes empruntent eux-mêmes aux canons archaïques et médiévaux, nul affrontement ni lutte. Dans une composition réglée sur le Nombre d'or, la scène est bien celle d'un Eden, d'un Âge d'or…

 

 


 

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