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Une "success story"
"Novo Pilota"
La collection
Du privé au public
Domenica à la barre

 


Du privé au public

 



Exposition de la collection Paul Guillaume à la galerie Bernheim-jeune, 1929.
Paris, musée de l'Orangerie

 

A la différence des rares "marchands-collectionneurs" de la fin du XIXe siècle, qui ne faisaient qu'entrouvrir leurs collections à des privilégiés, Paul entend faire largement connaître la sienne, grâce notamment à sa revue, qu'il émaille de reproductions d'oeuvres d'art en sa possession. D'une part, il entend généreusement en partager la jouissance avec le public ; d'autre part, il entend démontrer avec éclat qu'un particulier peut rendre infiniment mieux justice à l'art moderne que l'Etat et sa bureaucratie. C'est donc avec la conviction légitime de remédier aux carences du musée du Luxembourg, le pâle ancêtre du musée national d’Art moderne, en théorie voué à l'"art vivant" mais s'acquittant bien timidement de cette tâche, qu'il accueille dans son intérieur des visiteurs du monde entier. Lors de l'exposition de la collection chez Bernheim, la présence à l'inauguration d'hommes politiques et de hauts fonctionnaires des "Beaux-Arts" vaut légitimation de sa démarche : mieux que l'Etat, Paul Guillaume sert la cause de l'art moderne.

 

 

Page du numéro 20 de la revue Les Arts à Paris, relatant des dons récents de Paul Guillaume à des musées; 1933.
"Quelques tableaux et objets offerts récemment par M. Paul Guillaume aux musées d'Alger, du Luxembourg, de Grenoble, au musée permanent des colonies"
Paris, musée de l'Orangerie

 


Mais il voit plus loin : cette collection, il veut la rendre publique. Quelques dons ponctuels à des musées (notamment à celui de Grenoble) n'y suffisent pas : dès 1927, il annonce son projet d'ouvrir un " hôtel-musée " et d'en faire don à l'Etat. Sans doute s'inspire-t-il de l'exemple d'Albert Barnes, le milliardaire américain et grand collectionneur dont il est un des principaux pourvoyeurs dans les années 1920 : celui-ci a créé une fondation pour rendre ses trésors accessibles et favoriser ainsi la connaissance et l'appréciation de l'art. La formule de l'" hôtel-musée " permettrait à Paul de concilier la souplesse d'une structure privée avec une mission de service public : d'abord affirmer la grandeur de l'art moderne, ensuite, partager avec le plus grand nombre la contemplation d'œuvres insignes, patrimoine commun de l'humanité.
Les difficultés financières dues à la grande crise des années 1930, comme la répugnance instinctive du collectionneur à se séparer de son oeuvre, font traîner les choses. Paul songe alors à un legs au Louvre, mais sa mort, à quarante-quatre ans, laisse son grand projet en suspens.




 



 




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