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Une "success story"
"Novo Pilota"
La collection
Du privé au public
Domenica à la barre

 


La collection

 



Paul Guillaume dans son appartement-galerie
de l'avenue de Villiers, 1916
Paris, musée de l'Orangerie

 

"Confit en intérieure sensualité", Paul est un véritable amoureux de l'art : "les tableaux et les statues lui parlaient à l’oreille…" (Max Jacob). Il s'essaie même à composer des poèmes, et prend parfois les pinceaux en amateur. Mais c'est dans sa collection privée qu'il donne sa mesure. Celle-ci, comme indexée sur ses ressources financières, ne cesse de s'étoffer. En 1929, lors de l'importante exposition qu'il en présente à la galerie Bernheim-Jeune, les contours en sont à peu près définitifs : sous le regard des statuettes et des masques africains, les aînés (Renoir, Cézanne et Rousseau) côtoient Derain, Picasso (avec notamment des œuvres cubistes de toute première importance), Matisse (dont il possède, entre autres, la Leçon de piano, aujourd'hui fierté du Museum of Modern Art de New York), Laurencin, Modigliani, Soutine, Utrillo, et, parmi les "jeunes", Goerg et Fautrier. Réunie en peu d'années, c'est alors une des plus importantes collections d'art moderne d'Europe. Elle atteste des convictions de Paul, de son action… et de sa réussite. Le cadre - un vaste appartement de l'avenue Foch aménagé au début des années 1930 - est à la hauteur : toute surcharge est proscrite et les oeuvres respirent sur des fonds clairs.

 

 

L’intérieur de Paul Guillaume, avenue de Messine, fin des années 1920.
Paris, musée de l'Orangerie

 


Paul incarne un type inédit de collectionneur apparu à la fin du XIXe siècle, le "marchand-collectionneur". Avant lui, Durand-Ruel, Vollard ou les frères Bernheim avaient su concilier les réalités du commerce d'art et un "collectionnisme" caractérisé par la délectation désintéressée. Signe distinctif d'une élite fortunée, leurs collections témoignait non seulement du goût, de l'audace, de l'ambition intellectuelle des possesseurs, mais aussi de leur désir de prestige. Les collections de marchands confirment le nouveau statut de la corporation. Parallèlement, celle-ci s'investit, non sans risque, dans la défense et la promotion d'artistes dont les marchands les plus engagés deviennent les compagnons de route et parfois les confidents.

 



L'intérieur de Paul Guillaume, avenue du Bois (aujourd'hui avenue Foch), vers 1930.
Paris, musée de l'Orangerie

 


En principe, la collection Paul Guillaume est indépendante de la galerie et de son stock. Dans les faits, les oeuvres passent souvent de l'une à l'autre. Les Demoiselles à la rivière de Matisse, exposées en 1926 dans la galerie, où elles ne trouvent pas preneur, intègrent la collection, où elles vont rester jusqu'à la mort de Paul. D'autres ne font qu’y passer. Domenica se souvient : "Quand il avait besoin d'un peu d'argent pour vivre, payer son loyer ou un costume, il vendait un tableau." Les questions de trésorerie ont leur part dans l'aventure…

 





 

 



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