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Une "success story"
"Novo Pilota"
La collection
Du privé au public
Domenica à la barre

 


"Novo Pilota"

 



Paul Guillaume et Amedeo Modigliani à Nice, 1917.
Paris, musée de l'Orangerie

 

Une telle réussite, en si peu de temps, n'est pas le fait du hasard. Le personnage, pourtant formé sur le tas, fait preuve d'une curiosité, d'un goût, d’un raffinement intellectuel peu communs. A l'élégance, il joint dynamisme, sens des affaires et… entregent.
Initié par Apollinaire aux plus récentes évolutions esthétiques, Paul cherche d'abord à s'attacher les 'vedettes' du moment, sans négliger des valeurs consacrées comme les impressionnistes. A ses débuts, faute d'assises financières, il parie sur des nouveaux venus, tels Chirico ou Modigliani, dont il est pour un temps le principal marchand. Simultanément, il acquiert dans la mesure de ses moyens des oeuvres de peintres déjà reconnus comme Derain, Matisse et Picasso. Et, loin de se contenter d'assortir son offre à la demande moyenne des amateurs, il entreprend avec énergie de promouvoir l'art de ses "poulains".

 

 

Couverture du numéro 2 (15 juillet 1918) de la revue Les Arts à Paris.
Composition de Guy-Pierre Fauconnet.
Paris, musée de l'Orangerie

 


Très vite, en effet, Paul s'affirme comme un "acteur culturel" avant la lettre. Il assure presque seul la rédaction d'une revue, Les Arts à Paris, organe d'actualités et d'opinions autant qu'outil de promotion de la galerie et de ses artistes. A grand renfort de publicité, il organise des expositions (Larionov et Gontcharova en 1914, Derain en 1916, Matisse et Picasso puis Van Dongen en 1918...), ainsi que des manifestations qui défraient opportunément la chronique (conférence d'Apollinaire suivie d'un récital de pièces de Satie, exhibition de peintures de Chirico sur la scène du Théâtre du Vieux-Colombier, spectacles et fêtes "nègres" …).

 



Amedeo Modigliani
Novo Pilota (détail)
Paris, musée de l'Orangerie

 

Il comprend aussi l'intérêt de se spécialiser : l'art africain est à la mode chez les artistes, et il en devient rapidement l'un des principaux marchands et collectionneurs. Dès 1912, il avais mis sur pied une "Société d'Art et d’Archéologie nègre". Avec un sens consommé de la publicité, il place les sculptures qui lui appartiennent dans des publications et des expositions .
Son commerce devenu florissant, Paul ralentit quelque peu cette activité tous azimuts, mais sa croisade des années héroïques a suffi à lui forger une solide réputation de défricheur et d'animateur. "Novo pilota", c'est le surnom que Modigliani inscrit sur son portrait du jeune marchand prenant en main les rênes de l'art moderne, comme un pilote automobile, avec un mélange d’assurance insouciante et de risque assumé.

 







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