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De Claude Monet à Paul Guillaume

 

Derniers feuillet de l’acte de donation des Nymphéas (détail), 12 avril 1922. Sous la signature de Monet, celle du directeur des Beaux-Arts, Paul Léon, représentant de l’Etat français.

 

Une « date »

Fait capital de l’histoire de l’art, le don des Nymphéas est aussi une date décisive de l’histoire culturelle. Un des plus grands peintres des temps modernes choisit de destiner son œuvre suprême, non à un particulier, membre du milieu restreint qui formait sa clientèle, mais au public, au public indifférencié et illimité. Et il en confie le dépôt à l’Etat, dont le conformisme en matière d’art fait pourtant, depuis un bon demi-siècle, l’adversaire désigné de tout novateur, mais où il reconnaît l’instance universelle qui sublime les particularismes, plaçant le patrimoine qu’elle prend en charge au-delà des fluctuations du goût.

 

 

L’exposition « L’art à Versailles », 1932. Pastel de Léopold Delbeke.
Paris, musée d’Orsay

 

Les expositions

On évoque, à l’entrée des Nymphéas, la négligence de l’Administration à l’égard de son illustre dépôt et le long insuccès rencontré par celui-ci. Pendant un demi-siècle, le public se presse à l’Orangerie… pour les seules expositions. Bien que les salles d’expositions temporaires ne dépassent pas 500 m2, elles sont alors seules capables, à Paris (avec le Petit Palais), d’accueillir des expositions d’envergure sur l’art ancien. Beaucoup comptent parmi les plus fécondes de l’entre-deux-guerres, comme celle des « Peintres de la réalité en France au XVIIème siècle » (1934), qui renouvelle de fond en comble l’appréciation de l’art de cette époque.

 

Inauguration de la présentation provisoire de la Collection Jean Walter et Paul Guillaume, en janvier 1966, par le ministre de la culture, André Malraux.
© Gaumont Pathé Archives

 

La Collection Jean Walter et Paul Guillaume

Un second événement achève de façonner l’identité du musée : l’acquisition (1959 et 1963) de la Collection Jean Walter et Paul Guillaume, aboutissement longtemps différé d’un projet formé dans les années 20 par un jeune marchand de tableaux, Paul Guillaume, qui, devant l’incompétence des pouvoirs publics en matière d’art moderne, s’était promis de doter Paris d’un musée « donnant la mesure authentique de l’art vivant dans le monde ». Pour loger l’ensemble réduit mais éclatant qu’il a réuni dans l’espace étroit de l’Orangerie, une seconde campagne de travaux, dirigée par un nouvel architecte, Olivier Lahalle, supprime la galerie d’expositions et divise le bâtiment en deux niveaux (1960-1965). Le parti architectural, inspiré par la veuve de Paul Guillaume, Domenica, vise à évoquer « une résidence privée de références classiques » par une imposante suite de salons, ménagée sur toute la longueur de l’étage et précédée d’un escalier monumental. Cependant, Domenica conservant l’usufruit de la collection, l’Orangerie continue à présenter des expositions jusqu’à sa mort (1977), avant une troisième campagne de travaux (1978-1984) destinée à consolider le bâtiment et à rafraîchir l’intérieur.

 


 

 

 

 

 


 

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