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Femme à la lettre
Pierre-Auguste RENOIR (1841 - 1919) vers 1890 huile sur toile RF 1960 - 24
Cette œuvre évoque quelque figure de fantaisie de Fragonard (1732-1806) : comme chez son illustre prédécesseur, on a moins affaire à un portrait qu’à l’évocation d’une activité (lecture, musique, écriture) sous les espèces d’une jeune fille dans un moment paisible de solitude. D’un point de vue technique, on note entre les deux artistes bien des parentés : un même cadrage resserré, un fond neutre et sommairement brossé. L’aspect fa presto de la jeune femme de Renoir confirme l’admiration du peintre pour l’art français du XVIIIe siècle. Il ne faut pas chercher dans cette œuvre une quelconque psychologie. Le modèle (une jeune fille que Renoir a représentée par ailleurs dans La vendeuse d’oranges de la National Gallery de Washington) n’a que vaguement l’air songeur. La lettre ici n’est qu’un prétexte à une lecture plastique : ampleur débordante de la jupe formant assise à un torse menu et à un visage gracieux qu’enjolivent un nez retroussé et des lèvres très soulignées.
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