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Pablo Picasso

 

  

Grande Baigneuse


Pablo PICASSO (1881 – 1973)
1921
huile sur toile
RF 1963 - 77
© Succession Picasso, 2006

Cette femme puissante emplit la toile à ras bords. Jean Cocteau la voyait comme une « Junon aux yeux de vache dont les grosses mains cassées retiennent un linge de pierre ». Sa corpulence est digne d’une frise sculptée en haut-relief, faite pour être vue de loin. La toile appartient au cycle des Baigneuses monumentales inauguré au début des années 1920.
C’est à Rome que Picasso s’est imprégné de l'art classique et de la Renaissance italienne. Et pourtant, les mains épaisses de ces paisibles femmes-colosses, leurs faces larges et inexpressives, leurs cuisses énormes, échappent aux canons de beauté de l'art grec – même archaïque – appris pendant son adolescence en Espagne. La toile est plutôt à rapprocher des formes pré-cubistes élaborées en 1906, dont on peut voir à l'Orangerie un exemple dans le Nu sur fond rouge.
La période néoclassique du peintre s’exprime dans les portraits de la ballerine Olga Khokhlova qui deviendra sa femme par la suite. Modèle privilégié de cette période, sa beauté régulière supporte sans dommage les exagérations formelles qu'il lui fait subir. Mais ce goût renouvelé pour le classicisme ne signifie pas pour autant l’abandon du cubisme. Picasso pratiquait les deux langages artistiques simultanément, sans y voir la moindre contradiction.

 

© Musée de l’Orangerie - RMN

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