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Paul Cézanne

 

  

Vase paillé, sucrier et pommes


Paul CÉZANNE (1839-1906)
1890-1893
Huile sur toile
RF 1963-9

Ici, tout semble en équilibre précaire. Le plateau de la table parait basculer vers l'avant. Le pot à gingembre paillé est presque vu de profil. L'assiette est posée de guingois et la pomme semble disparaître derrière l'assiette. Nulle part, dans les oeuvres présentées à l'Orangerie, on ne peut mieux sentir l'indifférence de Cézanne aux règles de la perspective.
Les contours des objets sont fortement dessinés, et les modelés sont à certains endroits plus esquissés que peints. Cela laisse penser que ce tableau est demeuré inachevé. Beaucoup se sont interrogés sur la présence de tracés sans signification apparente sur le tableau : ce qui pourrait être le manche d'un couteau à droite, un trait incurvé qui vient redoubler le flanc gauche du pot, comme un repentir laissé volontairement visible, le plateau de la table qui se prolonge vers le haut, ou encore le trait vertical qui monte entre le pot et le sucrier... Cézanne nous livre peut-être une clef de lecture : "On croit qu'un sucrier ça n'a pas une physionomie, une âme. Mais ça change tous les jours aussi." "Ces verres, ces assiettes, ça se parle entre eux. Des confidences interminables... Les fleurs, j'y ai renoncé. Elles se fanent tout de suite. Les fruits sont plus fidèles. Ils aiment qu'on leur fasse leur portrait. Ils sont là pour vous demander pardon de se décolorer." Ne serait-ce pas dans ce prolongement des lignes et des formes que Cézanne exprime cette vie secrète qu'il leur prête ?

 

 

© Musée de l'Orangerie / RMN-Grand Palais

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