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André Derain

 

  

Arlequin et Pierrot


André DERAIN (1880-1954)
1924
Huile sur toile
RF 1960-41
© ADAGP, Paris 2006

Dans l'histoire de l'art, les personnages de la Comedia dell'Arte, Arlequin et Pierrot ont donné lieu à une riche iconographie. Picasso, Renoir et Cézanne parmi d'autres artistes se sont emparés du sujet. De format carré, cette oeuvre monumentale peinte en 1924 est une commande à Derain du marchand Paul Guillaume qui l'a accrochée en bonne place dans son appartement la conservant ainsi pour sa collection privée.
Bien qu'il s’agisse d'une composition de fantaisie, cette oeuvre retient par son caractère insolite. L'espace en est rigoureusement limité : au premier plan, à droite, une nature morte composée d'un violon et de son archet, d'une cruche, objet familier chez Derain et d'un linge blanc qui rassemble ces divers éléments sur le sol. A gauche, dans ce paysage désertique, jaillit sans qu'on ne s'y attende, une plante au feuillage très découpé et mobile, orientée vers les deux personnages et qui semble vouloir participer à leur danse. Ce paysage aride est limité à l'arrière par un fond de collines sans vie et une masse nuageuse qui recouvre une partie du ciel d'un bleu uniforme. Le sol bascule vers la gauche et les deux personnages dansent dans un mouvement sans fin qui les déséquilibre vers l'avant du tableau. Ils jouent sur des instruments sans cordes, des accords incertains qui génèrent chez le spectateur un sentiment d'angoisse et de solitude accentué par l'expression hermétique des visages.
Derain restitue avec une grande maîtrise cette dimension tragique qu'on s'est plu à donner aux amuseurs professionnels à travers les siècles et dont le Gilles de Watteau constitue l'exemple le plus saisissant. En cela Derain figure parmi les grands peintres classiques.

 

 

© Musée de l'Orangerie / RMN-Grand Palais

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