Le goût pour l’occident, de la formation des peintres japonais à la constitution de collections d’art occidental au Japon

Par Cécile Girardeau, conservateur au musée de l’Orangerie, commissaire de l’exposition.

La peinture moderne japonaise de style occidental, ou yôga, occupe une place de choix dans la collection que Shojiro Ishibashi a constituée puisqu’il s’agit des toutes premières œuvres qu’il a acquises à partir de la fin des années 1920. Ce style s’épanouit notamment au moment de l’ouverture du Japon durant l’ère Meiji. Les artistes japonais s’initient alors soit en Europe soit par des enseignements dispensés au Japon aux techniques et styles de la peinture occidentale. La peinture à l’huile est alors très prisée. L’exposition consacre une salle aux œuvres de la collection Ishibashi appartenant à ce courant. Par ailleurs, la collection Ishibashi s’enrichit ensuite d’œuvres d’artistes occidentaux et notamment impressionnistes qui vont par la suite en constituer le cœur. Il ne s’agit pas d’une démarche isolée et l’on constate que certains collectionneurs japonais de renom comme Matsukata montrent depuis longtemps une prédilection pour l’achat d’art occidental. Cette conférence reviendra sur l’importance du lien qui se noue à partir de l’Ere Meiji avec l’art occidental à la fois à travers la formation des peintres japonais à cette époque mais également autour de la  constitution de collections d’art occidental au Japon.