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L'Orangerie des Tuileries La décision d'édifier la nouvelle Orangerie du Louvre, dite Orangerie des Tuileries, a été prise par décret du 25 mai 1852. Deux architectes travaillent successivement à sa construction : Firmin Bourgeois puis Louis Visconti, architecte de l'extension du palais du Louvre. Le bâtiment est un grand parallélépipède, pourvu d'une verrière, source de lumière pour les plantes, sur toute la longueur de la façade sud (côté Seine). A l'est et à l'ouest se situent deux portes monumentales, surmontées de frontons à sujets agricoles par le sculpteur Gallois-Poignant. Après le Second Empire, l'Orangerie perd peu à peu sa fonction initiale d'abri pour les orangers. Le bâtiment est alors dévolu à l'organisation d'événements divers : expositions (scientifiques, canines, artistiques…), manifestations patriotiques, concours sportifs, représentations théâtrales… Pendant la Première Guerre mondiale, il sert de dépôt de matériels militaires et de lieu d'hébergement pour soldats mobilisés.
De l'Orangerie au musée En 1921, le bâtiment est attribué à l'administration des Beaux-Arts, qui projette d'en faire une annexe du musée du Luxembourg (l'ancêtre du musée national d'Art moderne). C'est alors qu'elle est proposée par Clemenceau à Claude Monet pour y installer le vaste ensemble mural dont il a annoncé l'intention de faire don à la France le lendemain de l'Armistice de 1918 : Les Nymphéas. Le " musée Claude Monet " est inauguré en 1927. Le public découvre les Nymphéas dans la présentation conçue par le peintre et mise en œuvre par l'architecte Camille Lefèvre. La forme oblongue du bâtiment se prête à merveille au déroulement de la grandiose frise déployée dans la moitié est de l'Orangerie en une double ellipse d' environ 500 m2, bénéficiant de l'éclairage naturel. L'autre moitié est aménagée en galerie d'expositions temporaires. Celle-ci va accueillir une centaine d'expositions de grand rayonnement, comme celle consacrée en 1934 aux Peintres de la réalité en France au XVIIe siècle, ou encore, en 1946, une exposition de chefs-d'œuvre des collections privées françaises rapatriés d'Allemagne par les Alliés. Après la seconde guerre mondiale, l'Orangerie forme avec la galerie du Jeu de Paume -qui reçoit les collections impressionnistes du Louvre- une seule entité relevant du Département des Peintures du Louvre, les "Galeries nationales du Jeu de Paume et de l'Orangerie". Celle-ci devient un des grands pôles de la vie artistique à Paris.
La Collection Jean Walter et Paul Guillaume Par deux actes successifs, en 1959 puis 1963, Juliette Lacaze, dite " Domenica ", cède à l'Etat, à la condition qu'il soit intégralement présenté à l'Orangerie, l'essentiel de la prestigieuse collection réunie par son premier mari, le grand marchand d'art parisien Paul Guillaume (1892-1934). La " Collection Jean Walter et Paul Guillaume " -ainsi dénommée par Domenica pour associer à la mémoire de Paul Guillaume celle de son second époux, l'architecte et industriel Jean Walter (1883-1957) - comprend 144 œuvres de Cézanne, Renoir, Rousseau, Matisse, Picasso, Derain, Utrillo, Modigliani et Soutine notamment… Domenica Walter en conserve l'usufruit jusqu'à sa mort. Sur ses directives, l'architecte en chef du Palais du Louvre, Olivier Lahalle, conçoit la transformation du bâtiment pour lui permettre d'accueillir la collection. L'entrée reçoit un escalier monumental, avec une rampe en fer forgé de Raymond Subes. Un étage est construit sur toute la longueur du bâtiment, privant désormais les Nymphéas de l'éclairage naturel. Le vestibule elliptique dessiné par Monet, qui faisait partie intégrante de l'ensemble, est détruit. La nouvelle distribution perturbe profondément les conditions d'accès aux Nymphéas et affecte la libre circulation à l'intérieur de ces derniers, de surcroît relégués en position accessoire. Après une première présentation de la collection, en 1966, et en attendant de l'accueillir définitivement, l'Orangerie continue à présenter d'importantes expositions, comme Georges de La Tour en 1972, Braque en 1973, ou La peinture allemande à l'époque du Romantisme en 1976.
1977 / 2000 Après la mort de Domenica Walter en 1977, le musée de l'Orangerie ferme, pour un toilettage de l'existant. Devenu musée national de plein exercice et rouvert en 1984, il présente de manière permanente les Nymphéas et la Collection Jean Walter et Paul Guillaume. Cruellement privé d'espace et de moyens, oublié des pouvoirs publics au profit de nouveaux musées (Beaubourg, Picasso, Orsay…), enfin de plus en plus dégradé, il n'en connaît pas moins un immense succès de fréquentation, passant -hors expositions temporaires- de 218 422 visiteurs en 1984 à 503 147 en 1998...
La rénovation En 1996, le Ministère de la culture et de la communication prend la décision de réaménager complètement et d'étendre les espaces de l'Orangerie selon un programme conçu par le directeur du musée, Pierre Georgel. Après la présentation, en 1999, d'une dernière grande exposition, Monet : le cycle des Nymphéas, la fermeture de l'Orangerie intervient en janvier 2000. La maîtrise d'ouvrage générale est assurée par la direction des musées de France, le mandataire du maître d'ouvrage étant l'Etablissement public de maîtrise d'ouvrage des travaux culturels (EMOC). Les travaux de l'Orangerie sont menés en étroite collaboration avec Pierre Georgel par l'agence Brochet/Lajus/Pueyo architectes, pour l'aménagement intérieur, et par l'architecte en chef des monuments historiques Michel Goutal, pour la partie clos et couvert. La réouverture est alors programmée pour octobre 2001. |
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© Musée de l’Orangerie
- RMN |
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