Portrait de Madame Paul Guillaume au grand chapeau

Portrait de Madame Paul Guillaume au grand chapeau

Ce portrait de Madame Paul Guillaume qui deviendra ensuite Madame Jean Walter est sans aucun doute le plus fidèle au personnage. Domenica apparait en femme du monde, coiffée d’une élégante capeline et élégamment drapée dans une étole. Le visage soigneusement maquillé parait sévère et les yeux dont le peintre a souligné la pupille par une touche blanche semblent fixer le spectateur droit dans les yeux. Le peintre a réussi à percer la psychologie de cette femme qui après la mort de Paul Guillaume se révéla avide et sans scrupule, manipulant mari et amants, prête à tout pour conserver son statut et sa fortune. Le portrait de Derain est devenu emblématique de Domenica la "diabolique".
A l’arrière-plan un rideau rouge est là pour évoquer un intérieur cossu. A droite, on devine à peine esquissé, Pierrot et Arlequin, le grand tableau commandé à Derain par Paul Guillaume. Mais est-ce vraiment le grand tableau ou une des deux esquisses que le couple exposait également dans ses appartements ? Quoi qu’il en soit, c’est une façon pour Derain de souligner les rapports privilégiés qu’il entretenait avec le marchand.
Le portrait de Domenica figurait en bonne place dans la chambre de Paul Guillaume, avenue du Bois, devenue avenue Foch en 1929 (Paris).

Provenance : Paul Guillaume en 1929 ; Domenica Walter