Poires et cruche

Poires et cruche

Il faut considérer cette nature morte de petites dimensions plus comme une esquisse très enlevée que comme un travail abouti.
Dans cette petite toile, le peintre privilégie la touche, les empâtements et les larges traits de pinceau. La lumière est suggérée par de larges touches de jaunes et les ombres par de grands traits noirs. Le plat creux est traité en longues touches arrondies. Le bord de la table est souligné par une longue ligne jaune vif qui fait écho à l’ocre de la cruche. L’anse de la cruche est traitée d’un seul trait de pinceau. La lumière sur les poires est traitée non par un petit point blanc comme souvent chez le peintre mais par des touches de jaune particulièrement vibrant. La palette en camaïeu joue sur le rapport ocre, jaune et vert, enluminée par le blanc du plat.
La dextérité de Derain dans le maniement du pinceau est particulièrement flagrante dans cette peinture et lui donne une vie intense en dépit du format réduit.

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter