Paysage de Provence

Paysage de Provence

André Derain s’essayait à divers sujets dans sa peinture, sans négliger le paysage. Il réalisa ainsi en 1930 une série de paysages dans le Midi de la France, dans le Var, dont deux toiles du musée de l’Orangerie (voir également le Paysage de Provence, RF 1963-44).
Elles représentent le même village perché au sommet d’une colline, vu de manière plus ou moins rapprochée. Ce village domine des plaines désolées, dans des compositions seulement contrariées par des silhouettes de troncs d’arbre. Les arbres semblent ici faire partie des mêmes éléments minéraux que les maisons et les rochers chauffés par le soleil. L’absence apparente de toute vie crée une atmosphère étrange et un peu inquiétante.
En effet, les formes et les couleurs sont diluées sous le soleil comme sous une brume de chaleur. Les feuillages des oliviers et autres arbres ne sont qu’esquissés par de larges touches de peintures. Les structures des murets et des rochers sont estompées, les formes ne se détachent pas.
Seule la rencontre des différentes surfaces colorées intéresse ici le peintre : ocres de la terre et des maisons, gris des murets et rochers, verts variés des végétaux. Ces paysages font penser à ceux réalisés par Camille Corot (1795-1876).

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter