Nu au canapé

Nu au canapé

Derain repend ici le thème de la femme nue couchée, traditionnel depuis la Renaissance et déjà renouvelé par Edouard Manet (1832-1883) et Pierre-Auguste Renoir (1841-1919).
La jeune femme représentée serait Raymonde Knaublieh, jeune modèle avec laquelle Derain eut un fils quelques années plus tard. Figurée grandeur nature, appuyée sur le flanc droit, elle se trouve dans une pose artificielle et inconfortable, un poignet retourné. Son corps clair se détache sur la banquette et le fond vert sombre. Le contraste entre les couleurs sombres et claires est accentué par deux textiles rose et blanc, peut-être les vêtements du modèle, disposés de part et d’autre de ses jambes, ainsi que par la draperie noire disposée à la verticale sur son corps. Aucun contour ne cerne ses formes. Les jambes sont peintes de touches longues et lisses, tandis que des touches plus serrées illuminent le visage, le buste et le ventre. Le visage du modèle est celui d’une femme moderne de l’époque : cheveux courts, sourcils très fins et petite bouche au rouge prononcé.
Paul Guillaume devait apprécier particulièrement cette œuvre puisqu’il la fit reproduire dans le numéro 18 de sa revue Les Arts à Paris en juillet 1931.

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter