Notre-Dame

Notre-Dame

Utrillo délaisse dans les années 1910 les motifs simples pour des compositions plus ambitieuses. Il prend ici la suite de Claude Monet (1941-1926) qui avait réalisé une série de tableaux montrant la façade de la cathédrale de Rouen, série qui fut exposée à Paris en 1895 chez le marchand Paul Durand-Ruel (1831-1922). De même Henri Matisse (1869-1954) et des artistes contemporains d’Utrillo comme Albert Marquet (1884-1959) et Robert Delaunay (1885-1941) s’intéressent-ils à ce thème.
La façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris, bâtie au XIIIe siècle dans l’île de la Cité, vue de manière frontale, occupe la totalité du tableau. Seules quelques maisons de la rue du Cloître-Notre-Dame sont visibles sur la gauche. Utrillo s’intéresse ici à l’étagement des formes et non au décor sculpté ou aux jeux de lumière. Les trois portails d’entrée sont surmontés d’une balustrade, elle-même surmontée d’ouvertures encadrant la grande rose centrale. Enfin les deux tours laissent voir la silhouette de la flèche, bâtie en 1860 sur les dessins de l’architecte Viollet-le-Duc (1814-1879).
L’absence de jeu de lumière enlève toute profondeur à cette vue et accentue le côté massif de la façade, animée seulement par le portail central peint en rouge. Le tableau est resté inachevé.

Provenance : L. Libaude ; Paul Guillaume ; Domenica Walter