L’Étreinte

L’étreinte

C’est lors d’un séjour à Barcelone que Pablo Picasso exécute le grand pastel du musée de l’Orangerie intitulé L’étreinte. Avec des dimensions inhabituelles pour cette technique chez le peintre, celui-ci figure un homme et une femme nus enlacés dans une chambre aux tonalités bleues et roses. Si l’on ne distingue pas les visages  de ces deux êtres, on perçoit sans aucun doute que la femme attend un enfant. Cette scène d’une grande tendresse n’est pas exempte de la profonde mélancolie qui irrigue toute la période bleue de Picasso, débutée en 1901. Picasso aurait déclaré à propos de L’étreinte : "Ce que je souhaite c’est que de mon tableau se dégage uniquement l’émotion" (1). Ce thème de l’étreinte est un thème récurrent chez Picasso depuis 1900, notamment dans des scènes illustrant les mœurs de la vie montmartroise. Elle est l’une des pièces capitales de la collection Walter-Guillaume. Le marchand et collectionneur Paul Guillaume fait son acquisition en 1930. L’œuvre avait précédemment été en possession du célèbre marchand Ambroise Vollard (1866-1939). On connaît également des esquisses pour cette composition réalisées la même année, de rapides croquis conservés au Musée National Picasso (MP 849-851) et deux compositions plus proches au crayon graphite estompé (MP 474), ainsi qu’une gouache sur papier conservée dans une collection privée. Le thème de l’étreinte a été une forte inspiration pour des artistes de toute l’Europe au tournant du siècle, on la retrouve notamment chez Gustav Klimt (1862-1918), Edvard Munch (1863-1944) ou encore chez Théophile Alexandre Steinlen…

Provenance : Ambroise Vollard, Paris ; Paul Guillaume en 1930 ; Domenica Walter

(1) Pierre Cabanne, Le siècle de Picasso, Denoël, Paris, 1979, vol.1, p. 171