Le Petit Pâtissier

Le Petit Pâtissier

C’est le portrait d’un pâtissier qui décide de la carrière de Soutine. Paul Guillaume alors en quête d’œuvres de Modigliani découvre Soutine grâce à Michel Georges-Michel, écrivain et critique d’art, qui avait écrit un article sur le peintre. Paul Guillaume décrit alors en 1923 dans sa revue Les Arts à Paris la toile dont il fait l’acquisition et qui semble aujourd’hui être celle de la fondation Barnes aux Etats-Unis : "un pâtissier inouï, fascinant, réel, truculent, affligé d’une oreille immense et superbe, inattendue et juste ; un chef-d’œuvre. Je l’achetai, Barnes le vit chez moi, - mais c’est une pêche, s’écria-t-il ! Le plaisir spontané qu’il éprouva devant cette toile devait décider de la brusque fortune de Soutine, faire de lui du jour au lendemain un peintre connu, recherché des amateurs, celui dont on ne sourit plus – à Montparnasse, un héros". Soutine qui opère souvent par séries réalise six versions connues à ce jour de ce même sujet. Paul Guillaume fait alors l’acquisition de cette toile au début des années 1930 en souvenir du premier pâtissier qu’il avait tant aimé. Très aboutie, la version du musée de l’Orangerie présente un modèle au visage allongé et au cou frêle coiffé de sa toque et portant le vêtement  du pâtissier. Les traits du visage et les membres sont soumis à des déformations conférant à la toile une forte puissance expressive. Sur la surface du vêtement traité en blanc avec des touches de gris et de vert se détache le chiffon tenu entre ses mains traité en aplat rouge vif. L’attitude du modèle pourrait avoir été inspirée à Soutine par l’un des tableaux du musée du Louvre, le Portrait de Charles VII de Jean Fouquet.

Provenance : L. Zborowski, Paris (1928) ; Jos Hessel, Paris (1930) ; Paul Guillaume ; Domenica Walter