Le Beau Modèle

Le Beau Modèle

Derain réalisa une série de nus assis à partir de 1920 et développa ce thème dans son œuvre. Il confia en 1928 à un de ses amis qu’il passait alors cinq à six mois par an à dessiner des nus, à raison de trois à quatre dessins par jour, afin de trouver une  "position". C’est bien la recherche de la forme et de l’harmonie qui l’occupait.
Cette toile est un bel exemple de ses recherches. Le modèle professionnel pose dans l’atelier du peintre, sur une table ou une banquette recouverte d’une draperie. Son bras gauche et sa jambe droite repliés s’opposent à la ligne verticale de son dos.
Le tableau baigne dans une lumière douce,  accentuée par une touche légère et mousseuse Le corps du modèle, éclairé depuis la droite, se détache sur un fond sombre mais est animé de clairs-obscurs. Seuls quelques détails sont bien marqués, comme le nez et les plis du ventre, tandis que le corps n’est pas cerné de contours. La draperie aux tons changeants gris, très raffinés, présente des reflets qui animent la toile.
Le visage du modèle est assombri par son bras replié et ses cheveux mais on devine son demi-sourire d’une grande douceur. La jeune femme posa au moins à une autre reprise pour Derain, qui reprit aussi cette attitude dans une autre de ses toiles.

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter