La Nièce du peintre

La nièce du peintre

En 1919, Derain accueillit définitivement dans son domicile de la rue Bonaparte à Paris sa belle-sœur Suzanne Géry et son bébé Geneviève. Elle suivit son oncle dans son nouveau domicile de la rue du Douanier et dans sa maison de Chambourcy. Derain l’adorait et en fit son portrait dès l’âge de neuf mois. Elle posa pour une centaine de tableaux de son oncle. A l’atelier, elle était toujours active taillant les crayons ou lavant les pinceaux au savon de Marseille, selon un rituel auquel le peintre était très attaché.
Dans l’un de ses plus beaux portraits, Derain représente ici Geneviève grandeur nature c’est-à-dire à sa taille réelle. Dans une position aérienne, Geneviève âgée d’une douzaine d’années, est en appui sur le pied gauche, le genou droit replié sur une chaise. Chaque pointe de ses pieds prend appui sur un bord du tableau. Sa robe blanche et son visage illuminent la toile, composé d’une harmonie de  bruns et de jaunes. Les lignes géométriques sont seulement tempérées par le chapeau rond et la corbeille de fleurs. Geneviève Géry  se souvenait porter sa robe du dimanche dans ce portrait et s’être laissé pousser les cheveux à cette époque. L’un des artistes qui visitait fréquemment l’atelier dans les années 30 était le peintre Balthus (1908-2001) dont on voit ici l’influence qu’a exercé Derain sur lui.

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter