La Jeune Fille et le vase de fleurs ou Le Nu rose

  La Jeune Fille et le vase de fleurs ou Le Nu rose

A Nice, où il séjourne régulièrement dès la fin de la décennie 1910, Matisse redécouvre la luminosité du Midi. Mais alors que ses premiers séjours lui avaient inspirés des paysages aux couleurs éclatantes, il peint à Nice de nombreux intérieurs aux nuances subtiles. Le nu féminin au centre de la pièce ne semble pas poser mais traverser l’espace en tenant à la main un linge qui glisse sur le sol. Elle porte un turban pour tenir ses cheveux et les traits de son visage ne sont pas perceptibles. De même les détails anatomiques comme la poitrine sont résolument simplifiés pour n’être plus suggérés que par deux sphères. Le nu prend place dans une chambre aux murs tapissés où se déploient des ornements végétaux faisant écho au bouquet de fleurs placé sur table ainsi qu’à son reflet dans le miroir ovale à col de cygne situé à gauche de la composition. La toile se partage entre les teintes claires comme le jaune, le blanc et le rose et des teintes plus intenses comme le rouge du sol et du divan et le vert du coussin. A travers la porte fenêtre derrière le personnage féminin on ne peut pas apercevoir le paysage mais seulement quelques branches de palmier indiquant la localisation méridionale de la scène.

Provenance : Paul Guillaume en 1928 ; Domenica Walter