La Jeune Anglaise

La Jeune Anglaise

Soutine a réalisé plusieurs portraits féminins dans les années 1920-1930, dont celui-ci est un bel exemple. Il est composé dans un format horizontal rare chez le peintre, qui enfermait plutôt ses modèles dans un cadrage serré. Soutine laisse ici l’espace ouvert sur la gauche, où se porte le regard de la jeune femme.  Pensive, elle regarde ailleurs sans se préoccuper du peintre ou du spectateur.  En dépit de son nez tordu et de ses lèvres de travers, le visage de la jeune Anglaise est plus harmonieux que ceux de la majorité des modèles du peintre.
Soutine exprime dans ce portrait la même fascination pour le rouge et le blanc que dans l’Enfant de chœur, également conservé au musée de l’Orangerie.  Le chemisier blanc éclate de mille nuances. La veste rouge enserre gracieusement le buste et répond aux cheveux roux de la jeune femme et à ses lèvres fardées. Le fond ocre est plus chaleureux et crée un espace moins oppressant que dans la plupart des portraits de l’artiste. Soutine a d’ailleurs peint une deuxième fois ce modèle dans une tenue identique.
Ce tableau a été peint au dos d’une toile qui porte les traces d’une œuvre plus ancienne. Soutine n’aimait en effet pas les toiles neuves et recherchait des tableaux anciens qu’il nettoyait avant de les repeindre.

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter