La Gibecière

La Gibecière

Si André Derain s’est surtout intéressé à la représentation de la figure humaine ou de paysages, il a aussi peint très tôt des natures mortes. Il développa sans doute ce genre au retour d’un voyage en Espagne qu’il effectua en 1910 et lui permit de découvrir les sombres natures mortes des peintres espagnols du Siècle d’or. Derain commença alors à peindre des tables garnies comme cette Gibecière, qui évoque en effet la chasse: on y voit l’oiseau tué (une bécasse) renversé sur une table, sorti de la gibecière (sacoche devant renfermer le gibier mort). Cette sacoche est suspendue à un clou où sont accrochés également deux cors  destinés à alerter les chiens ou les autres chasseurs. Les autres objets : panier, coupe, pichet, verre, sont représentés d’un point de vue peu réaliste qui se rapproche du cubisme. Cela  est voulu par le peintre qui se concentre sur les effets de lumière et d’ombre frappant alternativement les motifs. La composition est très construite et est appuyée par une draperie rosée en quart de cercle, en haut à droite.
Lors de ses passages en vente en 1921 et 1926, la signature de Derain était indiquée au dos de la toile, en haut à gauche. La signature actuellement visible en bas a donc été ajoutée par l’artiste après la vente de 1926.

Provenance : acheté à l’artiste par D.-H. Kahnweiler, Paris ; vente Kahnweiler, Paris, Drouot, 13-14 juin 1921 comme séquestre de guerre, n° 43 ; Vente A ; Pellerin, Drouot, 7 mai 1926, n° 8, Van Leer, Paris ; Paul Guillaume ; Domenica Walter