Grande baigneuse

Grande baigneuse

Parallèlement aux mouvements d’avant-garde se développant à la fin de la décennie 1910 et au début des années 1920 comme l’abstraction, le constructivisme, et en marge des montages dadaïstes, une peinture fondée sur le respect des maîtres anciens et prenant l’observation de la nature et de l’homme comme sujet s’affirme. Picasso comme d’autres artistes de la collection Walter-Guillaume, tel Derain, ont participé de ce mouvement que l’on a dénommé "le retour à l’ordre" en raison de l’aspect classicisant de leurs compositions. Avec ce tableau de grande dimension, Picasso représente un nu féminin assis monumental. Ce personnage aux proportions massives et sculpturales, ainsi que la présence du drapé, rappelle les canons de l’Antiquité tout en les exagérant. Les sources apparaissent en fait multiples. Outre l’antiquité grecque et romaine, Picasso a également regardé les maîtres du passé et notamment Ingres et Renoir. A leur suite, Picasso aura expérimenté un classicisme tout à fait singulier et non exempt de corps déformés et de visages à la lourdeur affirmée. Avec l’émergence de ces grandes baigneuses chez Picasso on assiste en réalité à la reconstruction d’une antiquité rêvée et transcendée. Paul Guillaume fait l’acquisition de cette pièce maîtresse après 1930. Elle est ensuite précieusement conservée par sa veuve Domenica correspondant parfaitement à ses goûts et à ses préférences en matière de peinture.

Provenance : Paul Guillaume (après 1930) ; Domenica Walter