Grand nu à la draperie

Grand nu à la draperie

Ce grand nu, contrairement à ce qui a parfois pu être écrit, n’est pas le pendant de la Grande baigneuse de la collection du musée de l’Orangerie. Ils appartiennent cependant l’un et l’autre aux grands nus de la période néo-classique de Picasso au début des années 1920. Les traits massifs, lourds et puissamment modelés des figures sculpturales de cette époque sont décrits par Cocteau comme des "Junon aux yeux de vache dont les grosses mains carrées retiennent un linge de pierre". Assise, la figure féminine couvre son épaule droite avec un pan de drapé qu’elle retient par une main disproportionnée. Elle incline la tête et garde les yeux clos. Le gris et le rose dominent cette composition comme dans de nombreuses œuvres du "retour à l’ordre" chez Picasso, on note également l’éclat apporté par les touches de blancs sur la draperie. Outre l’influence de l’Antiquité, la peinture de la Renaissance a pu ici inspirer Picasso, on pense notamment à l’attitude de la Fornarina de Raphaël (1483-1520) du Palais Barberini à Rome. Mais d’autres artistes ont aussi joué un rôle déterminant comme Ingres, mais également Renoir, dont Picasso possédait une Baigneuse à l’huile assise ainsi que la Toilette de la Baigneuse à la sanguine et dont la parenté avec les toiles de Picasso à cette époque est indéniable. Paul Guillaume fait l’acquisition de cette toile en 1927.

Provenance : Paul Guillaume en 1927 ; Domenica Walter