Glaïeuls

Glaïeuls

Soutine a réalisé des bouquets de fleurs dès son à arrivée à la Ruche ou à la Cité Falguière à Paris avant 1917. Si au départ ceux-ci s’insèrent dans des natures mortes complexes, les autres objets et le décor s’effacent peu à peu pour faire bientôt du bouquet le seul et unique sujet de la toile. C’est le cas des Glaïeuls du musée de l’Orangerie. Le vase est ici déporté en bas à droite de la composition tandis que les tiges se déploient occupant les trois quarts de l’espace. Le fond brun sombre et indéterminé permet un contraste violent avec le rouge des corolles de fleur. Les touches larges et nerveuses, esquissant seulement les formes, participent du dynamisme ardent de la composition. Les glaïeuls sont le sujet de la première série thématique de toiles de Chaïm Soutine. On connaît aujourd’hui une quinzaine de toile du peintre traitant ce sujet. Les premiers bouquets de la série réalisés par Soutine sur les glaïeuls présentaient des tons sourds. Puis, suite à ses premiers voyages dans le Midi de la France, il renouvelle sa technique afin d’évoquer le jaillissement des fleurs par des tons beaucoup plus vifs, comme dans la toile de l’Orangerie. L’œuvre a été rentoilée après 1926 et avant son acquisition par Paul Guillaume en 1929. Le fait est assez rare pour être noté, à l’occasion de ce rentoilage, l’œuvre est légèrement agrandie vers le bas par l’artiste et également signée par lui. Les propriétaires hésitaient généralement à entreprendre ce type de démarche auprès de Soutine qui n’hésitait pas, hélas bien souvent, à détruire ses propres œuvres.

Provenance : L. Zborowski, Paris ; H. Bing, Paris ; Paul Guillaume en 1929 ; Domenica Walter