Fille rousse

Fille rousse

En 1915, après avoir abandonné la sculpture, Modigliani opère un difficile retour à la peinture. Il se cherche et expérimente divers styles et techniques. Fille rousse fait partie d’une série de portraits, où il fait une interprétation très libre du cubisme. Le modèle est présenté devant un fond géométrique, peut-être une cimaise, structuré par des lignes horizontales et verticales. Le tableau est peint dans camaïeu de bruns, proche lui aussi de la palette cubiste.
La composition joue sur de légers décalages et de faibles inclinaisons qui viennent donner vie à la rigidité des formes et à l’hiératisme du visage peint de face. La légère inclinaison de la tête vers la droite est contrebalancée par l’inclinaison vers le bas à gauche des lignes horizontales de l’arrière-plan et de la verticale à gauche. Le fond géométrique s’oppose à l’ovale du visage aux courbes des sourcils et à l’ondulation des cheveux. La lumière qui vient de la gauche permet de créer un discret modelé qui rompt avec la linéarité globale du tableau.
La stylisation du visage, le traitement de la chevelure rousse avec des lignes ondulées, la simplification des volumes dérivent de ses expériences en sculpture et de la série des Cariatides.

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter