Femmes au canapé ou Le Divan

Femmes au canapé ou Le Divan

Séduit par la lumière du Midi de la France, Henri Matisse séjourna régulièrement à l’hôtel de la Méditerranée à Nice à partir de 1916. Il y développa un thème qu’il affectionnait déjà : l’ouverture depuis un intérieur un peu étouffant vers le monde extérieur libérateur, à travers une porte ou une fenêtre. Le peintre juxtapose ici deux visions dans la perspective en peignant sa chambre d’hôtel. La première vision est dirigée vers le sol, dont le carrelage suggère la surface mais non la profondeur. La seconde est une échappée vers le lointain à travers la fenêtre. Ce sont donc deux directions et deux émotions contradictoires que le peintre arrive à concilier.
L’artiste a pris soin de diriger le regard du spectateur. La composition en triangle, tempérée par un grand rideau rouge sur la droite, aboutit à un point situé dans le ciel, au-delà de la fenêtre. Sur la gauche, le miroir ovale de la coiffeuse fait écho au dossier de la chaise.  Il ne reflète rien afin de ne pas distraire le regard. De même, sur la droite, les deux figures féminines sont plus ou moins esquissées. Le divan a été repeint afin de trouver le meilleur angle.
Les couleurs rouges ou vertes plus ou moins intenses, chaudes et froides, reflètent ces émotions contradictoires.

Provenance : Paul Guillaume en 1924 ; Domenica Walter