Femme au violon

Femme au violon

Cette scène est typique des intérieurs niçois réalisés par Matisse autour de 1921-1923. On reconnaît en effet le motif distinctif du paravent mauresque qui constitue à cette époque l’arrière-plan de plusieurs compositions. Sur ces motifs de cercles bleus du paravent se détache une jeune femme assise, tenant un violon sur ses genoux et un archer dans sa main droite. L’étui de l’instrument est ouvert sur la table où elle se tient accoudée. Il existe une version très similaire de ce tableau, de dimensions légèrement inférieures, de même titre, aujourd’hui au Baltimore Museum of Art aux Etats-Unis. La composition de l’Orangerie met en exergue un jeu de confrontation entre les courbes et les droites qui structurent la toile de manière égale. Les lignes verticales du bord du paravent et de la porte trouvent un relais dans les verticales des pieds de la table et de la chaise tandis que les ombres portées des pieds de la table sont strictement parallèles à la position de l’archer. Ces droites sont contrebalancées par autant de courbes qui leurs répondent : les cercles du paravent, les contours du corps, du visage et des cheveux de la jeune femme faisant également écho aux courbes de l’instrument et de son étui. Le thème de la musique apparaît de manière précoce chez Matisse qui était lui-même musicien. La période niçoise était notamment synonyme pour lui d’exercices quotidiens de violon. Le marchand Paul Guillaume a possédé plusieurs toiles sur ce thème de la musique et notamment La leçon de musique de Matisse conservée aujourd’hui à l’Art Institute de Chicago aux Etats-Unis.

Provenance : Bernheim-Jeune (achat à l'artiste le 13 février 1922) ; Voyet (vendu le 15 mai 1923) ; Paul Guillaume en 1929 ; Domenica Walter