Femme au tambourin

Femme au tambourin

Suite à sa période néo-classique au milieu des années 1920 Picasso retourne pour un temps vers des expérimentations proches d’un cubisme décoratif. L’œuvre représente une femme allongée et accoudée tenant à la main un tambourin. Les couleurs chatoyantes sont au cœur de cette composition. La femme alanguie sur des coussins n’est pas sans rappeler les odalisques que réalise Henri Matisse à la même époque et dont le musée de l’Orangerie conserve de très beaux exemples. Mais, outre le thème de l’odalisque et l’emploi des couleurs, le traitement singulier de la femme au tambourin diffère de la manière de Matisse. Ici formes et couleurs sont souvent dissociées, comme on peut le remarquer au premier plan en bas, à droite, avec les trois fruits posés sur le sol. Picasso n’hésite pas non plus à racler la peinture fraîche pour dessiner en creux dans des zones sombres en laissant apparaître la réserve de la toile. Par ailleurs, Picasso ose ici juxtaposer des couleurs presque discordantes (mauve, jaune, grenat, turquoise…). Enfin, la superposition des points de vue et des plans dans le même espace apparaissent dans la lignée des recherches antérieures de Picasso sur le cubisme. Paul Guillaume fait l’acquisition de cette toile en 1927.

Provenance : Paul Guillaume en 1927 ; Domenica Walter