Dindon et tomates

Dindon et tomates

Dans cette nature morte, toute la composition bascule vers la gauche. La volaille est pendue selon une diagonale que rien ne peut expliquer. Le seul élément horizontal est le linge blanc lumineux posé sur un plan indéterminé perdu dans le fond sombre, presque noir du tableau. Les tomates entassées en une pyramide improbable et instable font le lien entre le plan horizontal du linge et la diagonale du dindon. Elles viennent en quelque sorte asseoir la composition. Des touches rouges, orangées et jaunes tourbillonnent sur la chair de l’animal. Les tomates d’un rouge éclatant ponctué de taches lumineuses blanc crème, traitées en touches larges et moins nerveuses, font contrepoint. Le linge blanc est parsemé de taches rouges projetées et de coulures de peinture. Les pâtes violacées et la tache noire figurant sans doute les plumes du volatile font planer l’ombre de la mort et de la putréfaction.

Provenance : Paul Guillaume ; Domenica Walter