Danseuses espagnoles

Danseuses espagnoles

Mariée à un Allemand, Marie Laurencin vécut hors de Paris durant près de cinq années de 1914 à 1919, durant lesquelles elle séjourna principalement en Espagne, puis en Suisse et en Allemagne. Elle souffrit de l’éloignement de la capitale française, centre incomparable de créativité artistique. Après son retour, elle développa dans les années 1920 un nouveau style dont ces Danseuses espagnoles sont un bon reflet. Les couleurs sourdes et le géométrisme hérité du cubisme sont remplacés par des tons clairs et des compositions ondoyantes. L’alliance entre le monde féminin et le monde animal qui devient son thème favori est ici éclatant.
Trois jeunes femmes semblent tournoyer autour d’un petit chien bondissant, devant un grand cheval gris. Marie Laurencin s’est représentée elle-même agenouillée au premier plan, vêtue d’un tutu rose, qui est le seul ton chaud du tableau. Ses mains s’entremêlent avec celles de la jeune fille de droite. La jeune fille de gauche, exclue de cette complicité, esquisse un pas de danse et retient un chapeau. Ses yeux s’enchaînent avec le grand œil en amande du cheval. Les animaux sont ici de libres compagnons, confidents des danseuses dans un étrange paradis.

Provenance : Paul Rosenberg en 1921 ; Paul Guillaume (?) ; Domenica Walter