Baigneuse aux cheveux longs

Baigneuse aux cheveux longs

Cette baigneuse nue sortant de l’eau dans un paysage indéterminé de nature intemporelle ramène délicatement sur son buste un drapé blanc. La chevelure dorée et déployée vient ici faire écho au mouvement imperceptible de la végétation à l’arrière plan rendant la scène vibrante et ondoyante de toutes parts. La douceur et la rondeur du visage semblent également en parfaite harmonie avec les chairs et les courbes du corps.

Mallarmé écrivait à propos de la peinture de Renoir :
" ………………peint Monsieur Renoir
Qui devant une épaule nue
Broie autre chose que noir."

Ces vers soulignent en effet la sensualité qui est notamment propre à cette période de la maturité du peintre et dite "période nacrée" en raison du rendu vibrant et lumineux des carnations des corps représentés par Renoir à cette période. Ici Renoir transpose un modèle nu dans un univers édénique et comme hors du temps. D’autres baigneuses sont proches de la version conservée au musée de l’Orangerie à Paris. La Baigneuse de 1895 de la fondation Barnes de Philadelphie est presque identique à l’exception du cadrage qui laisse voir plus amplement les vêtements posés sur la rive et des cheveux cachant les traits du visage. Quelques années plus tard, alors que Renoir expérimente la sculpture, il reprend également en volume ce même mouvement de la baigneuse ramenant vers elle la draperie. L’œuvre avant d’être acquise par Paul Guillaume avait été la propriété du célèbre marchand Paul Durand-Ruel (1831-1922).

Provenance : Durand-Ruel (achat à Renoir le 18 novembre 1896) ; O. Schmitz (achat le 17 novembre 1911) ; Paul Guillaume (?) ; Domenica Walter