Tokyo-Paris Chefs-d’œuvre du Bridgestone Museum of Art, Collection Ishibashi Foundation

Les chefs-d’œuvre de la collection du musée Bridgestone sont issus du goût pour l'art de trois générations de la dynastie industrielle des Ishibashi.
Le fondateur de l'entreprise Bridgestone, Shojiro Ishibashi (1889-1976), se singularise très tôt par sa passion pour les arts et notamment pour les arts occidentaux qu'il commence à collectionner dès la fin des années 1930. Il fait édifier un musée pour sa collection au cœur de Tokyo en 1952. Celui-ci propose au public des œuvres de la période impressionniste ainsi que des œuvres d'art moderne occidentales et japonaises. La collection a ensuite continué d'être enrichie par les nouvelles générations. La fondation Ishibashi conserve aujourd'hui plus de 2600 œuvres.
À l'occasion des travaux de l'actuel musée et en attendant la livraison de nouveaux bâtiments, les chefs-d’œuvre de la collection seront montrés lors d'une unique étape occidentale au musée de l'Orangerie au printemps et à l'été 2017. Le parcours mettra notamment à l'honneur les œuvres de l'impressionnisme jusqu'à l'abstraction occidentale et orientale d'après-guerre, de Monet, Renoir et Caillebotte à Cézanne, Matisse, Picasso, Pollock et Shiraga.
L'un des pivots de l'exposition sera aussi le lien permanent établi entre les œuvres, leurs acquéreurs et l'histoire du Japon moderne afin de donner aux visiteurs de nombreux éléments de contexte. Enfin, cette exposition trouve également sa place au musée de l'Orangerie à travers un jeu de miroir où la passion privée pour l'art a su se transformer en collection ouverte à tous les publics.
 

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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919)
Mademoiselle Georgette Charpentier assise, 1876
Tokyo, Bridgestone Museum of Art
© Bridgestone Museum of Art, Ishibashi Foundation


Commissariat
Cécile Girardeau, conservateur au musée de l’Orangerie
Yasuhide Shimbata, conservateur en chef, Bridgestone Museum of Art, Ishibashi Foundation
Kyoko Kagawa, conservateur, Bridgestone Museum of Art, Ishibashi Foundation

Exposition organisée par l’établissement public du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie et la Ishibashi Foundation en collaboration avec Nikkei Inc.

Avec le Concours spécial de Bridgestone Corporation


Avec la Coopération de JAPAN AIRLINES  


Avec le généreux soutien de Ponticelli, Wilhelm & Associés et Shiseido Group
 

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Avec le partenariat d'Arte, Le Figaro et France Culture 

 

La notoriété des arts japonais notamment en Europe à la fin du XIXe siècle est chose connue. On sait moins en revanche que l’art occidental (particulièrement l’impressionnisme) fut tout autant apprécié au Japon par des collectionneurs visionnaires, parmi lesquels Shôjirô Ishibashi, un homme d’affaire qui multiplia les acquisitions dès la fin des années 1930.

Une dynastie industrielle éprise d’art
Shôjirô Ishibashi (1889-1976) est un enfant de l’ère Meiji qui voit le Japon s’ouvrir au monde. Il est l’un des acteurs de la modernisation technologique fulgurante que connaît l’archipel nippon au tout début du XIXe siècle.
Quand il reprend l’atelier de confection familial, Shôjirô Ishibashi se tourne progressivement vers le caoutchouc et se lance dans la fabrication de pneus. Il baptise lui-même l’entreprise Bridgestone, traduction littérale de son nom de famille : ishi signifiant "pierre" et bashi "pont", faisant ainsi preuve d’une volonté de coexistence des cultures. Ayant fait bâtir une villa dans un style occidental, il souhaite rapidement décorer celle-ci et commence sa collection. Bientôt, il envisage de mettre à disposition de tous les œuvres qu’il a accumulées. Une ambition philanthropique donc, qu’il concrétise en inaugurant le Bridgestone Museum à Tokyo, en 1952. Quatre ans plus tard, il crée la fondation Ishibashi de façon à pérenniser l’action du nouveau musée. Son fils et son petit-fils en deviennent à sa suite les administrateurs jusqu’à nos jours.

Le premier goût pour la peinture yôga
Dès la fin des années 1920, Shôjirô Ishibashi s’intéressa à la peinture de son temps, en acquérant notamment un grand nombre de toiles de Shigeru Aoki, un des plus célèbres représentants des peintres japonais qui adoptent volontairement un style occidental. Cette influence de la peinture européenne est aussi sensible chez Hanjirô Sakamoto ou chez Takeji Fujishima, et son très célèbre au Japon Éventail noir. Des revues comme Shirabaka facilitent la diffusion de l’esthétique du vieux continent – même la plus avant-gardiste – sans que cela ne reflète une hiérarchie du goût. La première exposition du musée Bridgestone regroupe d’ailleurs le même nombre de toiles occidentales et de toiles yôga.

Avant et après l’impressionnisme
En ce qui concerne l’art européen, Shôjirô Ishibashi avoue sa préférence pour les impressionnistes français. L’Inondation à Argenteuil, une des premières toiles de la collection, manifeste son intérêt pour Monet, qui avait déjà séduit des collectionneurs comme Shunsui Sumitomo, un homme d’affaire, ou Keishirô Matsui, un diplomate ayant voyagé plusieurs fois en France. Ishibashi, qui désirait que de tels chefs-d’œuvre restent au Japon, obtint d’ailleurs six Monet lors de la dispersion de collections privées, en particulier celle de Kôjirô Matsukata, un industriel de Kobe qui avait acquis nombre de toiles impressionnistes entre les années 1910 et 1920 et qui avait eu pour projet, comme Ishibashi plus tard, de créer un musée présentant des œuvres occidentales au Japon. Acquis en 1952, Crépuscule à Venise faisait lui-même partie de la collection de Sanji Kuroki, un ami de Monet. Des œuvres de Sisley, Renoir, Pissarro ou Degas enrichirent aussi la collection Ishibashi sous l’impulsion de Shôjirô, qui s’intéressa également à Manet (Le Bal de l’Opéra, au musée Bridgestone en 1961). La Traite des vaches à Gréville de Jean-François Millet montre que le collectionneur sut s’ouvrir à d’autres styles, goût perpétué par ses héritiers : Cerf courant dans la neige de Courbet est ainsi acquis par Kan’ichirô, le fils de Shôjirô, de même que Don Quichotte dans la montagne, de Daumier. Des toiles de Monet ou de Renoir intègrent la collection dans les années 1980 et Jeune homme au piano, de Caillebotte, est acheté en 2011 sous l’égide d’Hiroshi, le petit-fils de Shôjirô en charge de la fondation Ishibashi depuis 2004.

Le postimpressionnisme
La Montagne Sainte-Victoire et Château Noir de Cézanne symbolise à lui seul tout l’intérêt que Shôjirô Ishibashi porta au postimpressionnisme. Le collectionneur avait réuni autour de lui un petit cercle de spécialistes qui l’aidaient dans ses recherches, parmi lesquels Inô Dan, un historien de l’art qui avait effectué une partie de ses études en Occident. Cézanne coiffé d’un chapeau mou (1894) est acquis en 1954 et deux des trois Gauguin présentés dans l’exposition sont achetés au tout début des années 1960. La Nature morte à la tête de cheval rappelle, comme un clin d’oeil, combien les arts du Japon ont pu séduire les peintres français dans le dernier quart du XIXe siècle. Une toile de Van Gogh (Moulins et jardins à Montmartre) et La Toilette de Gustave Moreau rejoignent la collection une dizaine d’années plus tard.

Modernité classique
La sculpture est elle aussi présente au musée Bridgestone, en témoigne l’intérêt du fondateur pour Rodin mais aussi Bourdelle, jusqu’aux arts de son époque, comme en atteste Torse, une sculpture de Zadkine datée de 1951. Le musée revendique d’ailleurs d’emblée cette volonté de faire connaitre l’art moderne et contemporain occidental à une époque où aucun lieu n’était dédié à ce sujet à Tokyo (le Musée national d’art occidental de Tokyo n’est inauguré qu’en 1959). Le Baiser de Brancusi complète brillamment cet ensemble en 1998.
Cet intérêt pour la modernité s’exprime naturellement dans le domaine de la peinture. Une aquarelle de Paul Signac (La Rochelle) semble même avoir été la première acquisition d’œuvre occidentale effectuée par Shôjirô Ishibashi. L’obtention de pièces de Maurice Denis (Bacchanale) ou de Raoul Dufy (Nature morte aux fruits) confirme cet attachement aux modes de figuration des années 1910-1920. Ishibashi rejoint en cela les goûts qu’avait eus avant lui Paul Guillaume, dont la collection constitue aujourd’hui le musée de l’Orangerie. À trente ans de distance, les deux hommes furent sensibles aux mêmes artistes : Rousseau, Soutine, Picasso… Plusieurs décennies avant de rejoindre la fondation Ishibashi, en 1969, Le Jeune Paysan de Modigliani avait d’ailleurs appartenu à Paul Guillaume.
Matisse est lui aussi présent dans la collection. Shôjirô Ishibashi se procura plusieurs de ses toiles tout comme son fils et son petit-fils. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui structurèrent l’orientation de la collection vers l’art du xxe siècle. Saltimbanque aux bras croisés, toile emblématique de Picasso que le musée Bridgestone doit à la ténacité de Kan’ichirô, est désormais une pièce majeure du parcours. Hiroshi complète la collection en cherchant surtout à mieux retracer l’histoire de la peinture abstraite. Ainsi pouvons-nous admirer un Mondrian (Étude de dune pointilliste) où le traitement morcelé du paysage annonce les audaces colorées de Paul Klee (Île, 1932).

Figurations et abstractions d’après-guerre
Kan’ichirô Ishibashi, le père d’Hiroshi, était un grand amateur de peintures abstraites. Sa collection privée fut transmise à la fondation Ishibashi en 1998 et le musée s’enrichit alors d’œuvres de Fautrier, que Kan’ichirô appréciait particulièrement. Il faut également souligner le rôle d’Hiroshi Ishibashi dans la constitution de cette partie de la collection. L’abstraction gestuelle est ici à l’honneur avec une œuvre de Pollock et une autre de Hans Hartung pour la partie occidentale confrontées à celles de Shiraga et de Zao Wou-Ki. Ces œuvres frappent par leur force expressive et l’immersion qu’elles offrent au spectateur par leur format. Enfin, Orient et Occident semblent se rencontrer dans des toiles comme celle de Soulages ou de Domoto qui mêlent des références et des techniques issues des deux régions du monde.

Visite inaugurale de l'exposition sous la conduite de Cécile Girardeau, commissaire de l'exposition.
Mercredi 19 avril, 18h30

Afin d'accompagner le visiteur dans sa découverte de l'exposition, des visites guidées sont programmées du 15 avril au 19 août 2017 les mercredis et samedis à 16h.

Visites en LSF (langue des signes française) les samedis 29 avril et 17 juin de 11h à 12h30.

Monet et Clemenceau, le Japon pour horizon
Clemenceau et l’art japonais

Matthieu Séguéla, historien et enseignant-chercheur
Lundi 24 avril, 19h

Monet et Clemenceau, le Japon pour horizon
Monet et le Japon, un dialogue entre Philippe Piguet et Matthieu Séguéla

Philippe Piguet, historien de l’Art
Matthieu Séguéla, historien et enseignant-chercheur
Mercredi 26 avril, 19h

L’art occidental dans le Japon en guerre
Michaël Lucken, Historien, directeur du Centre d’études japonaises de l'INALCO
Mercredi 10 mai, 19h

Paul Claudel et le Japon : itinéraire diplomatique et artistique du Poète-Ambassadeur (1921-1927)
Pascal Lécroart, professeur à l’Université de Franche-Comté, responsable du pôle Arts et Littérature dans le laboratoire ELLIADD
Mercredi 17 mai, 19h

Le goût pour l’occident, de la formation des peintres japonais à la constitution de collections d’art occidental au Japon
Cécile Girardeau , conservateur au musée de l’Orangerie, commissaire de l’exposition
Mercredi 31 mai, 19h

Visites-ateliers en famille, à partir de 5 ans.

Kamishibai
Mercredi 31 mai et mercredi 28 juin à 15h

Manga
Jeudi 19 avril et mercredi 10 mai à 15h
Samedi 10 juin à 10h30 et dimanche 11 juin à 14h30
Lundi 10 juillet et jeudi 20 juillet à 15h

Origami
Samedi 29 avril et 13 mai à 15h
Samedi 10 juin à 14h30 et dimanche 11 juin à 10h30
Vendredi 7 juillet et lundi 17 juillet à 15h

L'île aux libellules
Les samedis 22 avril, 20 mai, 24 juin, 8 juillet à 15h

Kamishibai
Samedi 10 et dimanche 11 juin à 16h30

Soirée rythmée par des concerts : luth et flûte japonaises dialogueront avec les Nymphéas de Monet. Puis à la tombée de la nuit, le son puissant des tambours japonais résonnera sous la verrière du musée.

Samedi 20 mai de 18h30 à minuit

En partenariat avec l’université Paris III Sorbonne-Nouvelle.
Dans un cadre privilégié, en dehors des heures d'ouverture au public, cette soirée est destinée aux 18-30 ans, étudiants ou non, accueillis par des étudiants en médiation culturelle qui se mettront à leur disposition pour commenter les oeuvres de l'exposition et répondre à leurs questions.
Au cours de la soirée, le public sera invité à participer à des ateliers Manga et Origami, et à assister à un concert de luth et flûte.

Samedi 13 mai de 18h30 à 22h30

Concerts en salle des Nymphéas

Aya Okuyama, piano
Okumura, Saint-Saëns, Miyake, Debussy…
Vendredi 9 juin à 19h

Mieko Miyazaki, Koto (cithare japonaise)
Suizan Lagrost, Shakuhachi (flûte japonaise)
Kengyo, Miyagi, Yamamoto, Debussy, Satie…
Vendredi 23 juin à 19h

Deux journées en famille les 10 et 11 juin comprenant :

Des ateliers
Manga
Samedi 10 juin à 10h30
Dimanche 11 juin à 14h30

Origami
Samedi 10 juin à 14h30
Dimanche 11 juin à 10h30

Un spectacle
Kamishibai
Samedi 10 juin à 16h30
Dimanche 11 juin à 16h30

Catalogue de l'exposition

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TOKYO-PARIS
Chefs-d'oeuvre du / Masterpieces of the Bridgestone Museum of Art - Ishibashi Foundation

Coédition Musée d’Orsay / Hazan
192 pages – 216 x 288 mm – Relié – 100 illustrations environ
Version français / anglais
Code ISBN : 978-2-7541-1000-6
Prix : 35 €


Auteurs

Cécile Girardeau, conservateur au musée de l’Orangerie
Kyoko Kagawa, conservateur au musée Bridgestone
Tsuyoshi Kaizuka, conservateur principal au musée Bridgestone
Atsushi Miura, Professeur à l’université de Tokyo
Matthieu Séguéla, chercheur associé à l’Institut français de recherche sur le Japon – UMIFRE 19 CNRS MAEDI
Yasuhide Shimbata, conservateur en chef au musée Bridgestone


"Je me demande s’il y a vraiment utilité à montrer là-bas mes pauvres tentatives." Claude Monet, 14 février 1906.

Shojiro Ishibashi (1889-1976), fondateur de l’entreprise Bridgestone, se singularise très tôt par sa passion pour les arts occidentaux qu’il commence à collectionner dès la fin des années 1930. De l’impressionnisme à l’abstraction occidentale et orientale, la collection, enrichie pas les nouvelles générations et atteignant aujourd’hui les 2500 oeuvres, est exposée dans le musée Bridgestone, édifié par M. Ishibashi au coeur de Tokyo en 1952.
À l’occasion de travaux et en attendant la livraison de nouveaux bâtiments, une vaste sélection des oeuvres du musée Bridgestone sera montrée lors d’une unique étape occidentale au musée de l’Orangerie.
Alors que nous célébrerons en 2018 les cent soixante ans des relations diplomatiques entre le Japon et la France, ce catalogue dévoile les liens indéfectibles entre nos deux pays à travers des oeuvres de Monet, Renoir, Caillebotte, Cézanne, Matisse, Picasso, Pollock ou encore Shigara.


Sommaire

Essais
Collectionneurs japonais de peinture moderne française au début du XXe siècle, Atsushi Miura
La Voie du tableau. Les premières oeuvres de Claude Monet au Japon, Matthieu Séguéla
La collection de peinture moderne japonaise de la collection Ishibashi, Kyoko Kagawa
La collection Ishibashi et le musée Bridgestone, Yasuhide Shimbata
Paris – Tokyo / Tokyo – Paris, Cécile Girardeau

Catalogue
Modernes japonais, Tsuyoshi Kaizuka
Impressionnisme, Cécile Girardeau
Postimpressionnisme, Cécile Girardeau
Modernité classique, Cécile Girardeau
Figurations, abstractions d’après-guerre, Cécile Girardeau

Annexes
Liste des oeuvres exposées
Bibliographie
Index