Henri Matisse

Henri Émile Benoît Matisse
1869
Cateau-Cambrésis (France)
1954
Nice (France)

Formé à l’École nationale des beaux-arts dans l’atelier de Gustave Moreau (1826-1898), Henri Matisse (1869-1954) est brièvement tenté par les théories du néo-impressionnisme. L’été 1905, passé à Collioure en compagnie de Derain (1880-1954), est pour lui "l’épreuve du feu" et celui de la couleur libérée. Au Salon d’Automne de 1905, Matisse apparaît comme le chef de file du Fauvisme. Puis la dimension décorative de son art s’affirme dans ses œuvres peintes mais aussi dans des sculptures de grande envergure.
Au fil des années, le marchand et collectionneur Paul Guillaume, qui a organisé une exposition Matisse-Picasso dans sa galerie dès 1918, réunit un ensemble de grandes toiles des années 1910 ainsi que des œuvres plus apaisées des années 1920. Sa veuve, Domenica, ne conserve que celles essentiellement issues de la "période niçoise" (1917-1929).
Venu s’installer à Nice, Matisse renouvelle les motifs et le langage de ses toiles. "Je fais des odalisques pour faire des nus" (1)  déclare-t-il ainsi en 1929 dans un entretien avec  la critique et éditeur Tériade. Il réalise de nombreuses odalisques puisant à la fois chez Ingres (1780-1867) et Chassériau (1819-1856), mais son inspiration est mal comprise par la critique qui les compare en 1927 à un "étalage de marchand de papiers peints". L’Odalisque à la culotte rouge, l’Odalisque à la culotte grise, l’Odalisque bleue, le Nu drapé étendu témoignent de ces audaces apprivoisées ainsi que de l’obsession décorative de Matisse, tout comme dans les toiles de l’Orangerie développant le thème de l’intérieur (La Jeune Fille, Femmes au canapé, Le Boudoir). Le musée possède aussi de très beaux portraits de jeunes femmes de cette période, Les Trois Sœurs, qui fait écho aux toiles de la Fondation Barnes à Philadelphie, ainsi que la Femme à la mandoline, et la Femme au violon.

(1) Entretien avec Tériade, in "Visite à Henri Matisse", l’Intransigeant, 14-22 février 1929