Amedeo Modigliani

Amedeo Clemente Modigliani
1884
Livourne (Italie)
1920
Paris (France)

Amedeo Modigliani arrive à Paris en 1906 afin de poursuivre ses études artistiques. Il s’installe à Montmartre et peint au départ dans un style proche de Steinlen (1859-1923), Toulouse-Lautrec (1864-1901), ou bien des Picasso (1881-1973) de la période bleue. L’année 1909 marque un tournant. Après un court séjour à Livourne où la ligne l’emporte déjà sur la touche et les couleurs, il fait la rencontre du sculpteur d’origine roumaine Constantin Brancusi (1876-1957). Il s’installe alors à la cité Falguière à Montparnasse et se consacre essentiellement à la sculpture. Il réalise à cette époque des têtes sculptées. Cependant, il renonce vite à cette technique en raison de la dégradation de sa santé et du coût des matériaux pour se consacrer exclusivement à la peinture. Selon le  sculpteur Zadkine (1890-1967) : "Zborowski conduisit Modi chez Paul Guillaume, jeune marchand de tableau assez gras et flasque, qui exposait non seulement des tableaux cubistes mais aussi des sculptures nègres encore inconnues du grand public, de ces sculptures que j’avais remarquées quelques années auparavant au British Museum sous des étiquettes ethnographiques. Paul Guillaume consentit à se faire portraiturer par Modigliani. Les séances de pose et de peinture avaient lieu dans une cave éclairée par une forte lampe électrique et où siégeait un litre de vin sur la table." (1) Modigliani réalise plusieurs portraits du marchand datés de 1915 et 1916. Le musée de l’Orangerie en conserve une version où Paul Guillaume, très élégant, est présenté comme le défenseur de la jeune peinture, le "novo pilota". Paul Guillaume loua un atelier pour le peintre et lui acheta de nombreuses œuvres, avant que celui-ci ne meure prématurément en 1920. Sa veuve Domenica a gardé un bel ensemble de cinq peintures conservées aujourd’hui au musée de l’Orangerie.

(1) Ossip Zadkine, Le maillet et le ciseau. Souvenirs de ma vie, Paris, Albin Michel, 1968, p.92