L'installation des Nymphéas

Après la Première Guerre mondiale, un nouveau destin va bousculer radicalement l’Orangerie. En effet, en 1921, l’État affecte le bâtiment au Sous-Secrétariat d’État aux Beaux-Arts avec son pendant le Jeu de Paume bâti en 1862 sur la terrasse bordant la rue de Rivoli. Il s’agit d’y exposer les artistes vivants. C’est alors que Georges Clemenceau (1841-1929), président du Conseil, propose d’installer à l’Orangerie, plutôt que dans la cour du tout nouveau musée Rodin, le grand ensemble des Nymphéas que Claude Monet (1840-1926) est en train de peindre et a offert à l’État. La donation est formalisée en 1922.

Claude Monet s’investit beaucoup dans le projet architectural aux côtés de l’architecte Camille Lefèvre (1876-1946). Ce sont finalement huit panneaux de deux mètres de haut, d’une longueur totale de 91 mètres, qui sont disposés dans deux salles ovales formant le signe de l’infini. Leur orientation est-ouest les place dans la course du soleil et le grand axe parisien qui va de l’Arc de Triomphe au Louvre. On accède aux deux salles successives par un vestibule, qui constitue la transition avec le monde extérieur. Enfin, la lumière naturelle qui provient du plafond plonge le visiteur dans un état de grâce voulu par le peintre.

Le "musée Claude Monet" est inauguré par Clemenceau le 17 mai 1927, quelques mois après la mort de l’artiste. Il est rattaché au musée du Luxembourg, l’ensemble du bâtiment constituant le Musée national de l’Orangerie des Tuileries.

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Le 17 mai 1927, dans l’ancienne Orangerie du jardin des Tuileries, inauguration en présence de Georges Clemenceau du musée abritant les Nymphéas légués par Claude Monet à l’Etat. Photographie inédite de l’Illustration.