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Conférence à l'Ecole du Louvre
Conférence exceptionnelle : "Le sens d'abord !"
La rénovation du musée de l'Orangerie ou : le sens d'abord !
par Pierre Georgel, conservateur général du patrimoine, directeur du musée national de l'Orangerie des Tuileries
Jeudi 18 mai 2006 à 18h00.
Ecole du Louvre, amphithéâtre Michel-Ange.
Palais du Louvre, porte Jaujard.
75001 Paris
Entrée libre et gratuite
Publications
À l'occasion de la réouverture du musée de l'Orangerie, Pierre Georgel a choisi de présenter en trois ouvrages de la même série les collections et l'histoire du musée de l'Orangerie. La formule originale des modules dépliants permet d'offrir en grand des livres à visiter comme une exposition.
Le musée de l'Orangerie
" Unique en son genre " : c'est ainsi que six grands intellectuels mobilisés pour sa sauvegarde qualifiaient, dans une tribune du Monde, le musée
choisi et aménagé par Monet pour en faire l'écrin de son chef-d'œuvre " testamentaire ". Pierre Georgel retrace et analyse dans ce petit livre - complété par deux autres de la même série - la suite de bonnes et mauvaises fortunes par lesquelles la boîte de pierre édifiée sous Napoléon III
à l'extrémité du jardin des Tuileries passa de l'état d'orangerie à celui de musée, et d'une maigre fréquentation à une sorte de plébiscite permanent. Chemin faisant, il donne un aperçu de ce qui fait l'originalité des deux grands ensembles conservés à l'Orangerie : les Nymphéas " asile d'une méditation paisible " offert à l'homme moderne aux " nerfs surmenés ", et la splendide Collection Jean Walter et Paul Guillaume, dont le fondateur rêvait de faire " le premier musée français d'art moderne " et qui témoigne, dans son dédain de l'orthodoxie avant-gardiste, d'un goût à la fois exigeant et libéral, résolument acquis à l'art moderne mais avant tout soucieux d'excellence et conscient que tradition et modernité ne sont nullement incompatibles.
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Les Nymphéas
Aller et venir dans la peinture comme le promeneur dans la nature, c'est l'expérience offerte aux visiteurs des Nymphéas. Somme intimement méditée de l'art et de la pensée de Monet, le grand ensemble mural de l'Orangerie était aussi une entreprise inédite : la peinture cessait de se présenter comme un spectacle, vu à distance, pour devenir un milieu, qui enveloppe littéralement le spectateur. Pour donner " l'illusion d'un tout sans fin, d'une onde sans horizon et sans rivage ", Monet a inventé un traitement révolutionnaire de l'espace : sans limites objectives, confondant haut et bas, avant et arrière, dessus et dessous, à l'image de la réalité informe, mouvante, illimitée, dont la nappe d'eau et sa fragile parure sont la figure accomplie.
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La Collection Jean Walter et Paul Guillaume
L'ensemble fameux du musée de l'Orangerie désigné par l'appellation " Collection Jean Walter et Paul Guillaume " est, pour l'essentiel, l'œuvre d'un grand marchand de tableaux, Paul Guillaume (1891-1934), un de ces " passeurs " - écrivains, marchands, collectionneurs... - qui gagnèrent à l'art moderne un public de plus en plus étoffé, ouvrant la voie à son triomphe définitif. " Une création au sens propre du terme " - selon les mots d'un critique de l'époque -, car toute empreinte de sa pensée. Surtout, au-delà de la délectation de son possesseur, elle répondait à un objet ambitieux et généreux : conscient de participer au " bon combat " pour l'art de son temps, Paul Guillaume entendait constituer un véritable ensemble-témoin qui en deviendrait le manifeste public.
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